La Gazette de la grande ile

Etat des routes : Combler les trous et les insuffisances

Publié le 20 octobre 2020

Le Président Andry Rajoelina se rend souvent dans de nombreuses villes de province et n’hésite pas à s’arrêter dans les villages. Où qu’il aille, il est souvent interpellé par la population locale sur l’état calamiteux des routes. Lors de ses fréquents déplacements, le Chef de l’Etat a pu constater de visu, au mieux, les nids de poule, et au pire, les trous béants, grands comme des cratères, qui défoncent la chaussée. Il s’est également rendu compte du fait que, parfois, la route est absolument impraticable. Les constats faits par le Président Andry Rajoelina ne datent pas d’aujourd’hui. Cela fait longtemps qu’il est pleinement conscient des difficultés rencontrées par les ménages, les commerçants, les fonctionnaires et les employés du secteur privé qui se retrouvent coupés du monde, dans des lieux devenus inaccessibles, en raison de la dégradation des routes. C’est pourquoi, la construction et la réhabilitation des routes font partie de ses Velirano et entrent dans la ligne directrice de la Politique Générale d’Etat. Beaucoup a été fait au niveau des routes mais énormément reste à faire. Le Président Andry Rajoelina souhaiterait mettre les bouchées doubles mais l’intendance ne suit pas. Le Ministère de l’Aménagement et des Travaux Publics semble dépassé par l’ampleur des chantiers titanesques tandis que le Fonds Routier est empêtré dans des incohérences. Pour rappel, le Fonds Routier a remplacé le Fonds d’Entretien Routier. Le Fonds Routier est destiné à gérer l’ensemble des fonds devant intervenir dans le cadre de la construction, de l’aménagement, de la réhabilitation et de l’entretien des réseaux routiers. A propos des incohérences relevées, le Fonds Routier possède des milliards d’Ariary qui dorment dans les banques primaires. Au lieu d’engraisser ces dernières, ces sommes importantes devraient servir à la réalisation des travaux qualifiés d’urgents ou de prioritaires. La situation est ubuesque car c’est comme si l’on possédait un stock de vaccins contre le Coronavirus et qu’on le laissait moisir dans une armoire. Un renforcement de capacités et une restructuration paraissent nécessaires au sein du Fonds Routier afin que les routes puissent être construites, aménagées, réhabilitées ou entretenues, de manière plus rapide, dans les règles de l’art et conformément au Code des Marchés Publics. Toutefois, il serait injuste de pointer du doigt uniquement les insuffisances du Ministère de l’Aménagement et des Travaux Publics et du Fonds Routier. Il faut dénoncer également le manque de conscience professionnelle de nombreux entrepreneurs en charge des travaux routiers. Ils versent des pots-de-vin pour ne respecter pas le cahier des charges et pour obtenir le silence complaisant de certains maîtres d’ouvrage et bureaux de contrôle et surveillance.

Phil de Fer

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