La Gazette de la grande ile

Programme d’appui à l’agriculture : Les bénéficiaires demandent une certification

Publié le 22 octobre 2020

Le Programme d’Appui au Financement de l’Agriculture et aux Filières Inclusives dans le Centre de Madagascar (AFAFI Centre), est le fruit du renforcement de la coopération entre Madagascar et l’Union Européenne. Financé à hauteur de 12 millions d’euros, (environ 54 milliards d’ariary), suivant la Convention de financement signée le 29 août 2019, ce Programme s’inscrit dans le cadre du PIN (Programme Indicatif National), appuyé par l’Union Européenne à travers le FED (Fonds Européen de Développement), qui couvre la période 2014-2020. « AFAFI Centre est un programme de développement rural qui touche 50 communes des Régions principalement dans les Régions Analamanga et Itasy. Mis en œuvre sur 4 ans, ce Programme vise à contribuer de façon durable à l’amélioration des conditions de vie et de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages ruraux dans la zone périurbaine d’Antananarivo », explique Monsieur Raharison Herilalaina , Chargé du Programme AFAFI Centre, au sein du BACE (Bureau d’Appui à la Coopération Extérieure). La mise en œuvre du Programme implique la mise en œuvre de 5 contrats de subventions qui concernent les filières : maraîchage, l’aviculture, rizipisciculture, bois et énergie, le foncier et la filière lait. Du côté de la commune rurale d’Iarinarivo dans la partie Ouest d’ Antananarivo, l’impact palpable du Programme s’est fait ressentir dans l’élevage de Poulet de Chair et la culture de tomate d’une famille. En effet, la production  a augmenté en quantité comme en qualité. La fermière affirme que depuis l’application des normes qu’elle a apprise durant la formation inclus dans le programme, le prix de revient a considérablement baissé tandis que la production a augmenté. Les poulets sont plus résistants et offrent plus de chair. Les tomates aussi sont plus résistantes et durent plus longtemps. La suppression des produits chimiques comme les conservateurs dans leur méthode de production a permis à ces agriculteurs de proposer des produits «Bio». Ils affirment qu’ils respectent la norme imposée pour produire ce genre de produit, mais sur le marché, ils sont obligés de les vendre avec les autres produits proposés par d’autres agriculteurs qui utilisent des méthodes dites « traditionnelles ». Du côté de Sambaina à l’Est de la capitale, les bénéficiaires du programme affirment également avoir ressenti les impacts d‘AFAFI Centre. En rizipisciculture, Rapiera affirme que sa piscine produit actuellement 50.000 poissons contre 30.000 avant le programme. Depuis, il a pu augmenter son élevage en s’associant avec d’autres agriculteurs et en appliquant la méthode dans plusieurs rizières. Pour eux, ces rizières servent à produire du riz pour la consommation et du poisson pour subvenir à leur besoin financier. Notons que 1 are de rizière donne envion 50 kilos de riz et 10 kilos de poisson. 1 Kilo de riz se vend sur le marché à 2.000ar, tandis que le kilo de poisson se vend à partir de 16.000ar. Cependant, les poissons issus de ces rizières bénéficiant du programme d’appui se vendent au même prix et au même «titre» que les poissons issus d’autres élevages traditionnels. Ces agriculteurs sont tous confrontés à ce problème de labélisation. Ils produisent des produits qui doivent normalement être certifiés «Bio», mais qui ne bénéficient pas d’une reconnaissance officielle et sont vendus au même titre que les autres produits du marché. Une certification pourrait cependant les différencier et les mettre sur un autre titre pour être vendu en parallèle aux autres produits. Cela pourra être une approche pour convaincre les autres agriculteurs d’adopter une méthode plus saine dans leur démarche productive  et d’améliorer en termes d’hygiène les produits sur le marché. En attendant, les programmes continus avec ces filières présentent d’importantes opportunités favorables au développement rural, à l’amélioration des conditions de vie, de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages ruraux, dans un souci de préservation de l’environnement naturel dans les zones d’intervention. AFAFI Centre sera piloté par une Unité de Coordination et de Suivi, basée au BACE à Antananarivo. Cette Unité sera en étroite collaboration avec les Ministères techniques en charge de la Maîtrise d’œuvre, notamment le Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, le Ministère de l’Environnement et le Ministère de l’Aménagement et des Travaux Publics.

T.B

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