La Gazette de la grande ile

Richesses minières : La profession fait grise mine

Publié le 14 novembre 2020

En faisant abstraction des côtés pervertis indéniables qui ont largement pesé sur les conditions des premières installations des grands noms de l’exploitation minière en général et des secteurs de l’exportation de l’or et des pierres précieuses en particulier, on est bien obligé d’admettre que c’est du côté de la volonté politique des dirigeants que vient le mal. Précisons bien toutefois que cette période de début de la perversion se situe exactement avec l’arrivée de Marc Ravalomanana installé à la tête d’une présidence non élue par l’armée en 2002. Le Code minier en vigueur à l’époque contenait tout un fatras de textes conçus dans la plus pure complaisance pour favoriser la pire des options au profit des quelques investisseurs pourtant prêts et déterminés à jouer le jeu dans la transparence et sans l’ombre de la corruption. C’est dans un contexte dominé dès le départ que les investisseurs des grandes mines présentes actuellement sur le territoire de Madagascar étaient pratiquement obligées et soumises aux caprices de l’avidité de requin politique de Marc Ravalomanana.

Les partenaires étrangers animés de la bonne foi qui prime dans toutes les grandes entreprises internationales ne pouvaient que se soumettre. Favorables à des contributions fiscales très séduisantes et combines favorables pour le Budget de l’Etat, les décideurs candidats à des investissements très importants dans notre île comme RIO TINTO pour QMM et ceux qui exploitent le cobalt d’Ambatovy, ont vu que leurs propositions honnêtes étaient «refusées» sur ordre d’un président patron d’une industrie laitière, pour être obligés malgré eux de ne verser à l’Etat que les risibles pourcentages encore pratiqués jusqu’à ce jour au lieu d’un taux à chiffres avancés. Telles étaient les vérités cachées qui aujourd’hui déconsidèrent des grands noms mondiaux de l’industrie extractive. Il serait malhonnête de ne pas reconnaître que malgré ces coulisses peu honorables, les fondations du secteur minier « ont déjà apporté des résultats positifs tangibles pour Madagascar. De très bonnes fondations existent si l’on ne cite que l’existence d’un cadre juridique et fiscal attractif, du Bureau du Cadastre Minier de Madagascar (BCMM) dont le fonctionnement avait été reconnu comme un modèle dans le passé, de l’Office National de l’Environnement (ONE) qui a permis la mise en œuvre des standards reconnus en matière de gestion de l’environnement, et l’adhésion à l’EITI pour assurer la gestion transparente des revenus issus du secteur. Ces fondations ont suscité l’intérêt de la communauté d’investisseurs et attiré de grands investisseurs, mais sont aujourd’hui fragilisées par plusieurs années de crise politique, sociale et économique et surtout des problèmes de gouvernance… » Et si aujourd’hui, tout le secteur minier et les investisseurs concernés font grise mine et montent au créneau, c’est parce que trop c’est trop. Inutile d’entrer dans les détails de la situation et d’en vouloir à tout le système en place qui n’est là que depuis le retour d’un président Andry Rajoelina déterminé à nettoyer l’écurie d’Augias. Des collaborateurs dans le département ministériel concerné, sans aucune moralité, habitués à magouiller depuis la période d’un régime Transition qui avaient permis à une voyoucratie d’affairistes de devenir des riches à milliards derrière le dos de celui qui en toute honnêteté à partir de la Révolution Orange, avait souhaité apporter le changement. Or, parmi ces individus peu recommandables figure en premier lieu le ministre actuel des Mines et des Ressources Stratégiques qui, en solo fait la pluie et le beau temps au détriment de toute une profession appelée à un avenir prospère. En se servant bien sûr «d’un cabinet d’études qui sert de racoleur et de paravent », depuis qu’il trône à Ampandrianomby et sème la pagaille dans une véritable institution comme l’OMNIS au grand dam de tout un personnel au savoir-faire admirable et dont on ne peut que reconnaître le patriotisme professionnel et l’honnêteté, tout va de travers. Mais il ne faut pas oublier qu’en agissant ainsi,  RAVOKATRA fait son beurre et amasse dans le noir des milliards. Le pire c’est qu’en agissant de la sorte, pour impressionner et terroriser son entourage, il raconte et fait comprendre qu’il agirait et bénéficierait (le conditionnel est de rigueur même si…) de la protection des personnalités très influentes (dont par respect des convenances et de l’éthique) nous ne publions pas ici les noms). Le départ de ce major qu’est le B.P (British Petroleum) est un signe révélateur du laxisme et des dérives qui font la mauvaise réputation de Fidinarivo Ravokatra… Il n’y a rien d’étonnant donc quand devant la presse, l’ensemble de la profession «en vue d’améliorer la gouvernance, l’Etat devra mener un plan de transformation globale améliorant la façon de gouverner, d’analyser et gérer les risques, la façon d’établir des partenariats… » A commencer par se débarrasser des canards boiteux et des ministres faux jetons. Alors seulement l’application de la loi dans son intégralité ne sera pas un vœu pieux seriné à tout bout de champs dans les interventions télévisées pour endormir l’opinion. C’est la seule voie convaincante pour « la lutte contre la corruption et ingérences politiques dans les décisions administratives.., » Si réellement on cherche à parvenir à une « gestion équitable et transparente des impôts, taxes, redevances et ristournes,… » Dans un pays où le reste du monde est convaincu des chiffres ci-après cités : la contribution du Secteur Extractif au P.I.B. de Madagascar est passé de 0,53 % en 2011 à 4,83% en 2017 tiré majoritairement par trois grands projets : Ambatovy, QMM et Holcim » et  qu’aussi « le poids du Secteur Minier dans les exportations, évalué à 8,00 % du total des exportations nationales en 2012, a atteint les 40.43% en 2014 et 27.59% en 2018 ;…, la paupérisation de toute la population reste et demeure inscrite dans les dossiers des analystes, il faut bien admettre « La résolution des impacts négatifs du secteur minier requiert une amélioration de la gouvernance au sein du secteur minier, en appliquant les lois en vigueur, et non une modification du cadre légal et fiscal qui d’ailleurs reflète déjà les principes d’attractivité et de stabilité. » Mille fois on peut changer de Code Minier, tant qu’en haut lieu on ferme les yeux sur les magouilles grandioses du ministre des Mines et des Ressources, ainsi que la bande de truands qui le protègent. Le Président Andry Rajoelina sera toujours éclaboussé malgré lui par les scandales multiples perpétrés par ces mauvais collaborateurs. Pour s’en convaincre, il suffit de relire les coupures de la presse internationale sur les trafics et les fraudes de l’or et des produits miniers rares vers l’étranger.

 

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