La Gazette de la grande ile

Justice malgache : Un magistrat intègre est mort

Publié le 07 décembre 2020

Le décès du Procureur du PAC de Majunga a été largement commenté, notamment parce que tout le monde dit que c’est un magistrat intègre et que ce décès est une grande perte pour la justice malgache. Nous n’entrerons pas dans la vie professionnelle du défunt, ni dans les circonstances de son décès. Nous respectons complètement la dignité de la personne. Par contre, l’insistance concernant l’intégrité de ce magistrat nous interpelle… car cela suppose que si l’accent est mis sur cette qualité du Procureur, c’est que l’intégrité dans ce corps de métier devient chose rare, au point que lorsqu’un magistrat intègre trépasse, il est important de le signaler. Cela interpelle, car l’intégrité semble être  devenue une qualité rare dans ce corps de métier, que lorsqu’il y a des décès de magistrats, soit il y a un silence complet, soit il y a des hommages dans les réseaux sociaux ou la presse, puisque le magistrat décédé était intègre et compétent. Il est temps que dans ce corps de métier, chacun se pose la question : ” est-ce que je fais partie de ces magistrats intègres que les justiciables regretteront, que mes pairs regretteront, que la société regrettera, ou est-ce que je suis tout sauf intègre ?”. Cette question,  il n’y a pas que les magistrats qui devront se la poser, d’autres corps de métier également devront le faire. Seulement,  la semaine dernière, l’attention était concentrée sur ce décès du Procureur du PAC de Majunga,  Procureur regretté quand il a quitté son dernier poste à Ambatondrazaka tant sa compétence et son intégrité étaient unanimement reconnues, un décès que beaucoup regrettaient, car  le défunt, selon ce qui se dit, fait partie d’une catégorie particulière de magistrats, la catégorie des “intègres “. On en vient à espérer que si réellement il y a une autre catégorie, que cette dernière soit moindre par rapport à celle des magistrats intègres. L’intégrité n’est-elle pas quelque chose de normal, de naturel dans ce corps de métier et dans tout corps de métier d’ailleurs ou est-elle devenue exceptionnelle, auquel cas il est de grandes questions que l’on doit légitimement se poser en tant qu’usagers du service public. Ceux qui excellent dans la corruption et l’absence totale d’éthique sauront que le jour où ils disparaîtront, non seulement, ils ne pourront emmener avec eux dans leur tombe, ni voiture,  ni villa,  ni argent et qu’on ne parlera pas d’eux en bien pour le plus grand malheur de leurs enfants et de leur famille. Au contraire, on ne les regrettera pas et mieux, on dira que leur décès est un soulagement pour les usagers du service public.

La Rédaction

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