La Gazette de la grande ile

Chronique : Décades denses, 30 Décembre 1975 à 30 Décembre 2020.

Publié le 02 janvier 2021

Personne ne peut contredire l’analyse fort pertinent de notre  confrère Jeannot  Ramambazafy qui,  catégorique  affirme catégorique que «toutes les décennies passées nous ont appris que les politiciens malgaches surtout-, après un certain laps de temps, se dédient et passent leur temps à se trouver des excuses ralentissant du coup toute action de développement pour se satisfaire matériellement, mettant, du coup, en danger la nation toute entière, laissée, dès lors, entre les mains de politiciens volubiles mais véreux, d’investisseurs voraces façon piranha et de partenaires versatiles mais très financièrement « convaincants ». Le filoha et sa dame, à partir de Ravalomanana, s’étant toujours contenté de miettes planquées dans des paradis fiscaux. ».

Quant à  Didier Ratsiraka, qui à prêté son  serment  d’investiture, au Palais d’Ambohitsorohitra,  le 30  décembre 1975 en tant  que Président  de la  République, pour ce  qui le  concerne  les  annales ont  retenu que «le Capitaine de Frégate Didier RATSIRAKA fut élu à la présidence du pays le 15 juin 1975. » Il monte  en grade et « ses détracteurs lui colla plus tard, le sobriquet de “l’Amiral Rouge”. Il fut Ministre des Affaires Étrangères durant le mandat du Général RAMANANTSOA. A ce poste, il obtint en 1973 de francs succès lors de la révision des Accords de coopération avec la France : départ des soldats français présents à Madagascar (évacuation de la base de Diégo-Suarez), départ de la zone Franc, etc. Il fut alors considéré, avec le colonel Richard Ratsimandrava, comme un jeune Ministre à forte personnalité et enclin à une révolution politique et sociale afin d’accélérer le développement de Madagascar…»Les documents  d’époque  ajoutent «Ayant initialement présidé les destinées du pays jusqu’en 1993, ses mandats successifs furent marqués par l’idéologie socialiste et la malgachisation de l’enseignement. Sur le plan économique, ce fut l’époque des nationalisations comme celle des investissements à outrance. Le Vade Mecum était consigné dans un “Boky Mena” (Livre Rouge) (…). L’ancien officier de marine devenu homme  d’Etat a  été à l’origine  de la  création  de la  Banque  Centrale de Madagascar, de l’OMNIS,  de la société JIRAMA, SOLIMA ;  de la  Raffinerie des produits pétroliers de  Toamasina et les  sociétés d’Etat malheureusement mal gérées  et  exploitées par des magouilleurs  notoires. La  démocratisation  du pouvoir et  du  savoir étaient l’objectif de son  rêve de faire de  son pays une  sorte de paradis  socialiste dans l’Océan Indien (zone  de Paix).

Rêve qui, selon  les historiens  toujours   «se heurta cependant vite au manque de moyens financiers propres par rapport aux investissements de masse à mener sur le court terme, et la dette publique explosa. Si Madagascar s’affirma comme membre du Mouvement des Non-Alignés, il fut rapidement contraint de demander le soutien du Fonds monétaire international et en subissant ses conséquences à travers la mise en oeuvre des politiques d’ajustements structurels exigés par l’organisation internationale en échange de son aide. A partir des années 80, les investisseurs étrangers affluèrent à Madagascar. On les trouva dans les mines, la recherche pétrolière, le textile, l’agriculture, la pêche, le tourisme, le bâtiment et les travaux publics ». Au  fil  des  ans,  le  régime  soutenu aussi par les  forces  armées servis par  des «militants  en  uniformes ». Le pouvoir socialiste assure «La mise en place d’un dispositif législatif et fiscal incitatif contribua pour beaucoup à favoriser les investissements directs qu’ils furent nationaux ou étrangers. Ainsi, les usines en zones franches foisonnèrent, créant des centaines de milliers d’emplois; les richesses du sous-sol commencèrent à faire la réputation de la grande île aux quatre coins du monde, il en fut de même du potentiel touristique. Le Président RATSIRAKA plaça également l’éducation parmi ses priorités majeures. Son administration multiplia l’implantation des écoles dans les zones reculées, s’investit dans la formation du personnel enseignant. On notera aussi la construction de Centres Universitaires Régionaux dans les chefs lieux des six provinces. La capacité de l’université d’Antananarivo fut agrandie pouvant dès lors accueillir jusqu’à 10000 étudiants, proposant la plupart des matières généralement dispensées dans les universités occidentales, notamment françaises ». Avec le vent de la perestroïkas, la  chute du Rideau  de  fer en Europe et la  fin  de la  guerre froide, à partir de l’année 1991, «le pouvoir du Président RATSIRAKA se heurta aux manifestations d’envergure des “Forces Vives” conduites par le Professeur Albert ZAFY, elles conduisirent à la chute de son premier régime lors des élections de décembre 1992. Après une éclipse de quatre ans avec comme  slogan de ce nouveau mandat ” l’humanisme et l’écologie,”l’Amiral Didier RATSIRAKA redevint Président de la République en janvier 1997. « Il procéda à la révision de la Constitution de la troisième République, et redéfinit la notion de la décentralisation effective, à travers, notamment, la mise en place des provinces autonomes. Sur le plan économique le maître mot fut le libéralisme. » Pour y  arriver « Il procéda , entre autres, aux opérations de privatisation de plusieurs entreprises dont le capital était contrôle par l’Etat » . Ambition marquant un  courage politique qui  sera  trahi par un entourage d’exécutants vendus aux intérêts privés souvent étrangers des  Karana  surtout (les  éternels  enfants  gâtés de tous les régimes). Que ces infatigables  et bornés comploteurs au  service d’une voyoucratie le veuillent ou pas, grâce  aussi à Tantely Andrianarivo le  fidèle collaborateur technocrate  compétent des  Finances Publiques, « Le dernier mandat de Didier RATSIRAKA fut marqué par un regain de l’économie. Le taux de croissance avoisina les 7%, la multiplication des investissements directs étrangers et nationaux contribuèrent à la création d’emplois tout en augmentant les recettes fiscales et douanières. La libéralisation s’étendit dans tous les domaines, y compris dans les domaines considérés comme sacrés tel que le foncier, puisqu’ on autorisa, par exemple, la constitution de “réserves foncières” pour favoriser les investissements dans les secteurs touristiques ou miniers. Le secteur financier ne fut pas en reste avec l’implantation, à travers toute l’île, d’établissements de micro Crédits. (…)Sur le plan social, ce mandat aura été marqué par les efforts engagés dans les secteurs de la santé et de l’éducation. On citera l’implantation des centres de santé de base dans toutes les communes, la généralisation des établissements d’enseignement de base dans les fokontany.  Suite à  des  élections controversées  du 16  décembre 2001 et «  le coup de force de Marc RAVALOMANANA, Didier RATSIRAKA fut contraint de quitter le pouvoir en juillet 2002 et de s’exiler de nouveau en France. Plusieurs de ses partisans furent l’objet d’emprisonnement ou d’exactions, nombre d’entre eux furent contraints de s’exiler à l’étranger. » Il a  fallu l’avènement de la  Révolution  Orange conduite par  Andry  Rajoelina pour la situation  change  avec la fuite de Marc Ravalomanana en  Afrique  du  Sud. Au vu des  réalités conjoncturelles de ce climat politique  de fin  d’année, extraite  du  Dictionnaire Larousse par l’analyste  cité, la phrase  suivante explique pourquoi nous  avons  cru  bon  de  rappeler une partie de la carrière politique d’un  ancien Chef  d’Etat : «L’exercice  du pouvoir  n’est pas  facile ! »

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