La Gazette de la grande ile

Ravinalala Airports (5ème partie) : Les faits donnent raison à notre journal

Publié le 11 janvier 2021

Les conditions dans lesquelles la concession des aéroports d’Ivato et Nosy Be a été attribuée à Ravinala Airports révèlent tellement de mauvaises surprises qu’on ne se lasse pas de les partager avec nos lecteurs. Les plus avertis d’entre eux suivent le feuilleton avec intérêt. La convention de concession entre l’Etat Malagasy et Ravinala Airports a été signée le 9 juillet 2015. Le même jour, Hery Rajaonarimam­pianina, lors de la cérémonie de pose de la première pierre, a prédit que le nouvel aéroport d’Ivato serait le hub de l’Océan Indien. On attend toujours. La convention de concession a donc été signée le 9 juillet 2015. Pourtant, le cahier des charges définitif n’a été paraphé et signé que le 16 octobre 2015. La convention de concession n’aurait jamais dû être signée sans ce document majeur qui est indispensable à la prise de décision finale. Face à cette grave incohérence juridique et chronologique, toutes les hypothèses sont permises, mais celle de la corruption prévaut. L’appel d’offres n’était que du cinéma. Tout était joué d’avance.

Sauf obstacle politique, l’attribution de la concession à Ravinala Aiports aboutira à un procès pénal de tous les acteurs et complices, tant la corruption saute aux yeux. De grosses sommes d’argent ont été reçues par les dirigeants politiques malgaches de l’époque pour qu’ils acceptent de signer rapidement une convention contenant des clauses manifestement léonines. Il est absurde que les deux plus grands aéroports, qui sont les portes d’entrée stratégiques dans la Grande Ile, aient été livrés aux seuls appétits de Ravinala Aiports, sans que l’Etat ne détienne des actions dans le capital de cette société. Deux administrateurs, représentants de l’Etat, sont membres du Conseil d’Administration. Pourtant, dépourvus de droit de vote, ils ne font que de la figuration. L’Etat, en tant qu’autorité concédante, aurait dû exiger une participation minimale dans le capital de Ravinala Airports. L’absence de cette exigence dans le Dossier d’Appel d’Offres confirme une corruption de haut niveau.

R.Lola et Phil de Fer

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