La Gazette de la grande ile

Détournement de plusieurs milliards : Rivo Rakotovao, Mourad & Cie impliqués

Publié le 16 janvier 2021

Après « sa défaite aux allures de camouflet à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle, en novembre 2018 », dans une récente parution de l’hebdomadaire Jeune Afrique, Hery, «l’ex-président malgache sort du silence… ». Les observateurs n’ont pas hésité longtemps pour flairer que le fait de «braver le confinement pour venir jusqu’au 57 bis rue d’Auteuil pour honorer ce rendez-vous avec Olivier Caslin n’était pas juste pour le plaisir d’affirmer qu’à «à 62 ans, Hery Rajaonarimampianina était pressé de rattraper ces dernières années – et content de retrouver la lumière. » Après avoir «disparu des radars médiatiques», sous prétexte de «respecter l’esprit de l’alternance politique » et de «laisser travailler tranquille », celui qui s’ «estime avoir été trahi par un Andry Rajoelina qu’il avait remplacé au pied levé en 2013, quand celui-ci a été empêché de se lancer dans la course à la magistrature suprême, et qui ne l’a ensuite « jamais soutenu durant les cinq années au pouvoir », n’a pas réussi à cacher « l’agacement visible et la colère perceptible… », face à l’une plus fines plumes lors de cette visite dans les locaux de Jeune Afrique «un soir de décembre 2020,… »

Selon toujours la même source, «s’il n’hésite pas à épingler le président Rajoelina, l’ancien chef de l’État laisse planer le doute sur un possible retour en politique.». Comble de la fourberie suprême de la part d’un ancien président de la République qui, lors de son investiture en 2014, avait promis monts et merveilles à son peuple sans tenir parole. «Installé en France depuis le mois de février 2019 avec son épouse et ses deux enfants, il se dit lui-même « en réserve de la République » mais continue, malgré la distance, à « suivre très attentivement la vie politique de son pays », qu’il juge « délétère », voire « explosive », après les nombreuses promesses faites par le président Rajoelina et qui attendent toujours d’être tenues. De « la poudre lancée aux yeux de la population ,…». C’est comme si de rien n’était, or toutes les rédactions locales et étrangères gardent encore traces des dérives financières de l’expert-comptable. Il était mêlé à des dossiers pourris sur des octrois abusifs de marchés publics au profit d’un entourage de copains coquins, des détournements de deniers publics à propos de partenariats avec des investisseurs russes que ses sbires comme Henry Rabary Njaka et consorts avaient escroqués, des actes criminels de l’un de ses fils sur des spoliations d’exploitants miniers à Anjorozorobe et bien évidemment les participations actives de sa personne et de Voahangy son épouse, aux commerces illicites des bois de rose et du trafic d’or…

Mais l’aspect inattendu ou disons le vrai but de cette sortie médiatique dans Jeune Afrique était ailleurs. Pendant que «Hery Rajaonarimampianina a accepté de se confier à JA(…) et «met en avant son propre bilan, pourtant jugé des plus maigres » par des experts qu’on ne peut soupçonner de complaisance partisane, dans la même période à la date du 30 décembre 2020, Rivo Rakotovao, en tant que président du Sénat, avec la participation active et illégale de ses proches collaborateurs, avaient abusé et détourné la totalité de la ligne de crédit budgétaire de l’institution destiné aux paiements de la «prime à titre de « SOLOM-PENAKOHO ». Contrairement à l’article 29 du Statut Général Autonome des Fonctionnaires et des Cadres du Sénat, au détriment des réelles parties prenantes bénéficiaires légitimes des primes prévues, calculées selon les fonctions, et avec l’aval de Rivo Rakotovao, le montant de la ligne de crédit concerné a été ventilé, réparti et touché effectivement par des sénateurs, des personnalités proches du parti HVM suivant des Ordres de Virement aux noms de ces derniers portant n°2979/2020 du 30/12/2020, n°3/2021 DU 4/01/2021, n°4/2021 du 4/01/2021 ainsi que des Bons de Caisse estampillés « VU BON A PAYER ». Ces détails remis par des sources proches du Syndicat des Fonctionnaires du Sénat ne sont qu’une partie des documents prouvant la réalité des actes punissables par nos lois. Laissant aux services des contrôles officiels et Inspecteurs d’Etat le soin de poursuivre en profondeur les investigations, en tant que donneurs d’alerte, nous nous sommes contentés de révéler des faits communiqués par des syndicalistes. A propos d’un Rajao qui de son exil doré à Paris, envisagerait «un possible retour en politique », on est en droit de se demander si ceci n’explique pas cela, juste pour faire diversion à propos de ces milliards détournés dans le budget du  Sénat ?

Noel Razafilahy

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