La Gazette de la grande ile

Edito : Une affaire de “kapoaka” !

Publié le 20 janvier 2021

Madagascar est actuellement en présence d’une inflation galopante qui n’est pas prête de se résoudre de sitôt. Les prix des Produits de Première Nécessité (PPN) connaissent tous une hausse (riz, huile, œuf…) à un tel point que cela devient de plus en plus pesant pour la majorité des Malagasy qui ont du mal à tenir. En effet, avec un pouvoir d’achat assez minime, ils ne peuvent pas vraiment assouvir leur faim. Et oui, chacun doit se restreindre côté consommation, ce qui est une question de survie en pareille situation. Les prix des PPN ne cessent d’augmenter au niveau des marchés surtout en ce qui concerne le riz, l’aliment de base des Malagasy. On parle de normaliser le « kapoaka » qui est un instrument de mesure très utilisé à Madagascar, mais est-ce vraiment là le problème ?

Autant le dire carrément, le problème ne vient pas des instruments de mesures, mais des prix qui ont pris leur envol. Les prix augmentent et on parle de normaliser l’instrument de mesure qu’est le « kapoaka », comme si cela allait résoudre quoi que ce soit par rapport au prix. Certes, il y a des gens qui utilisent des « kapoka» plus petits que le normal, mais cela n’est point une chose nouvelle. Que le « kapoaka » soit normalisé ou pas à Madagascar, cela ne va pas empêcher les gens de tricher pour avoir plus de profit. Le vrai problème dans la Grande Ile, c’est que tout le monde essaie de s’enrichir à l’insu des autres. C’est là une leçon apprise par un grand nombre de personnes en raison des comportements des politiciens qui n’hésitent pas à tromper la population.

Le fihavanana qui était hautement valorisé autrefois dans le pays ne l’est plus. En effet, si auparavant on primait le « fihavanana » en se basant sur des proverbes du genre « Aleo very tsikalakalam-bola toy izay very tsikalakalam-

pihavanana (Mieux vaut perdre de l’argent que de perdre une bonne relation », maintenant, c’est chacun pour soi et Dieu pour tous. Hélas, les Malagasy n’ont pas su garder leur valeur basée sur l’entraide et les liens affectifs. A l’heure actuelle, ce sont les biens matériels qui priment vu que nombreux sont ceux qui en viennent à dire que « Ny vola tsy maha mpihavana » ce qui dit carrément que les liens affectifs ne signifient plus rien. Pour faire simple, tout est affaire de « kapoaka » à l’heure actuelle où chacun se débrouille pour survivre et il n’y a pas d’entraide qui tienne.

Jean Riana

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