La Gazette de la grande ile

Jirama- Energie : Un déficit opérationnel de 3700 milliards d’Ar

Publié le 03 mars 2021

A travers une tribune, la Directrice des opérations de la Banque mondiale pour les Comores, Madagascar, Maurice et le Mozambique, Idah Z. Pswarayi-Ribbihough, apporte des éclaircissements sur la situation de l’accès à l’électricité à Madagascar. Seuls 15% de la population malagasy ont accès à l’électricité fournie par la Jirama actuellement. « Notre objectif est d’assurer une électricité suffisante pour tous en veillant à ce que les tarifs tiennent compte de la capacité de payer des clients, en particulier les plus vulnérables, et permettent à la Jirama d’entrer dans une trajectoire lui permettant de retrouver son équilibre financier dans un délai de 3 à 4 ans », écrit-elle notamment. “Le maintien d’une politique tarifaire inefficace et non ciblée du secteur électrique pendant plus de dix ans a fait accumuler à la Jirama un déficit opérationnel d’environ 3700 milliards d’ariary, soit un milliard de dollars depuis 2009”, déplore la Banque mondiale. Ce déficit accumulé par la Jirama depuis 2009 a principalement profité aux 10% des abonnés les plus riches de la compagnie et aux fournisseurs d’électricité, souligne-t-on. Les fournisseurs d’électricité de la Jirama, à travers les marges excessives d’un grand nombre de contrat d’achat d’électricité, dont la plupart a été attribuée illégalement de gré à gré au cours de la période 2009-2017, indique-t-on. Certains de ces contrats ont été renégociés par la nouvelle direction de la Jirama pour revoir les marges et les clauses abusives des contrats, mais il reste beaucoup à faire. La somme n’a pas profité aux 85% des Malagasy qui n’ont pas accès à l’électricité. Des intérêts personnels ou corruption ? La Jirama a toujours été la vache à lait de tous les régimes qui se sont succédé. Le peuple malagasy supporte les conséquences avec le délestage et la hausse exorbitante de la facture de l’électricité. En plus des dettes comme outils d’asservissement des peuples par les puissances financières. La Jirama vendant à perte car la production se fait avec de l’énergie thermique, et non hydraulique, les clients les plus aisés profitent d’une énergie subventionnée. Et oui les riches (abonnés et fournisseurs) ont sucé le sang de la Jirama au point que celle là s’anéantit,  la banque mondiale en a marre de donner des bouffées d’oxygène.

Nandrianina A

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