La Gazette de la grande ile

Covid-19 : le cadet de nos soucis

Publié le 03 mars 2021

Malgré l’étendue des dégâts mondiaux et locaux causés par la pandémie de  Covid-19, cette maladie ne passe pas avant les autres soucis auxquels la population malgache doit faire face tous les jours. Actuellement, la pandémie continue de faire des ravages et a fait plus de 2.543.402 victimes dans le monde. Les chiffres montent en flèche, mais la maladie diminue en réputation. Effectivement, la Covid-19 n’est plus ce qu’elle était à ses débuts. La première fois qu’elle a été détectée à Madagascar, c’était la panique générale. Tout le monde craignait de la contracter à tel point que certains ont quitté les grandes villes pour se déplacer en campagne. Une des causes principales de sa propagation à l’époque. En ce moment, elle a fait plus de 297 victimes dans l’île. Mais cela ne semble plus faire de l’effet sur la population qui a d’autres chats à fouetter.

Habituée à vivre avec des maladies incurables, mortelles et ravageuses, la population malgache s’est très vite adaptée à l’existence de la Covid-19. Notons que la nouvelle venue n’est pas plus dangereuse que les autres qui se sont installées depuis des années si on compare le nombre de victime et les impacts sociaux économiques qu’elle a engendrés. Le paludisme à lui tout seul fait plus de 1500 victimes par an dans le pays. Il se transmet par la piqûre de moustique et est présent partout et tout au long de l’année. C’est une pandémie qui nous pend au nez depuis des années mais avec laquelle on a appris à vivre. D’un autre côté, il y a la peste. Encore plus dangereuse et plus ravageuse que le paludisme, cette maladie se transmet par des puces. Elle est présente partout. Comparé à seulement ces 2 maladies, la Covid-19 est devenue pour les Malgaches un simple rhume.

A côté de ces maladies, la population malgache se bat contre un fléau plus ravageur et plus persistant, la pauvreté. La pauvreté de l’île est la première cause de tous ces soucis. C’est cette pauvreté qui oblige la population à sortir tous les jours pour travailler malgré la pandémie qui menace. C’est la pauvreté qui accentue d’année en année notre faible pouvoir d’achat et qui creuse davantage l’écart entre les pauvres et les riches. La population préfère prendre le risque de se faire arrêter sans port du masque et nettoyer la rue que d’acheter un masque à 500 ar qui est de la même valeur que la nourriture pour 3  enfants  pour une journée. On a tendance à très vite oublier l’existence d’une pandémie lorsqu’on est obligé de se démener tous les jours pour trouver de  quoi manger. A Madagascar, survivre est un combat que la population a mené depuis toujours. La Covid-19 n’est qu’une difficulté de plus qui s’ajoute.

  1. Berado

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