La Gazette de la grande ile

Contaminations au Coronavirus : Glissement vers la pauperisation

Publié le 31 mars 2021

Jusqu’à présent, la pandémie de Coronavirus a été relativement contenue à Madagascar. Toutefois, elle provoque des ravages sociaux insoupçonnés. Quand un individu est contaminé par le Coronavirus, c’est déjà un drame en soi. En effet, tous les membres de la famille doivent s’astreindre à un traitement coûteux, qui s’élève au minimum à 100.000 Ariary par individu, soit 500.000 Ariary au bas mot pour cinq personnes, sous réserve qu’il n’y ait pas d’hospitalisation. Toutes les familles n’ont pas cette somme disponible. D’un côté, nous sommes égaux devant le Coronavirus qui n’a que faire des différences de générations et de la lutte des classes. Ses victimes sont des personnes jeunes et âgées, riches et pauvres. En revanche, nous ne sommes pas égaux face aux soins et traitements apportés aux personnes contaminées. Les ménages aisés peuvent se permettre de consulter des médecins autant de fois que nécessaire et d’acheter à profusion les traitements préventifs et curatifs de toutes sortes (CVO+, ATA, ED1, inhalation, Azythromicine, magnésium, zinc, vitamine C…). Par contre, c’est la galère pour les foyers aux revenus moyens et modestes. Ils font ce qu’ils peuvent avec le peu qu’ils ont. Malgré eux, ils bricolent avec leur santé, tout comme les individus des foyers les plus modestes. Lorsqu’un individu qui était seul à assurer le gite et le couvert est contaminé par le Coronavirus, c’est une immense tragédie car sa famille n’a plus aucune source de revenus. Celle-ci est contrainte de s’endetter pour l’achat de médicaments et le règlement des soins et en cas d’hospitalisation. On assiste à un glissement des personnes de condition moyenne vers la pauvreté et des ménages vulnérables vers l’extrême pauvreté. A la peur de la maladie et de la mort, s’ajoute l’angoisse du déclassement social, surtout chez les personnes de condition moyenne qui n’ont pas accès aux aides sociales du gouvernement, ni à l’opposé à une assurance santé. Ce déclassement est très mal vécu. Dans ces conditions, pour tous ces gens qui n’ont plus rien à perdre, il ne faut pas s’étonner si l’on assiste à une recrudescence des sectes, de la prostitution, des escroqueries et des vols.

Phil de Fer

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