La Gazette de la grande ile

Chronique : Dans la tradition de Zola, Osons accuser la Justice !

Publié le 03 avril 2021

Certains diront sûrement «Emile Zola, connais pas !… » Soit ! Essayons donc de rembobiner l’histoire d’un procès : «un polytechnicien et militaire, le capitaine Alfred Dreyfus est accusé de trahison, à tort, pour avoir fourni à l’Empire allemand des informations confidentielles. Il est condamné à perpétuité au bagne de Cayenne à la fin de l’année 1894. Les annales de l’époque rappellent qu’à la fin du XIXe siècle, le contexte social est tendu en ce début d’une IIIe République. L’Empire allemand vient d’annexer l’Alsace et une partie de la Lorraine, en 1871. Haine et nationalisme, esprit revanchard et antisémitisme alimentent cette tension. Sollicité par la famille Dreyfus, et peu à peu convaincu de l’erreur judiciaire, Émile Zola finit par s’investir dans cette affaire. Dès 1897, il mène et publie ses contre-enquêtes(…) et dénonce la presse, majoritairement antidreyfusarde. Celle-ci, par conviction ou par crainte de perdre son lectorat, ferme peu à peu ses colonnes à l’écrivain.»

La suite, «jugé à huis clos, le véritable coupable, le commandant Walsin Esterhazy, est acquitté le 11 janvier 1898 au terme d’une parodie de jugement orchestrée et manipulée par les militaires magistrats. Le verdict scandalise Émile Zola et le pousse à réagir alors même qu’il s’expose à des poursuites judiciaires en accusant nominativement quelques-uns des membres du corps de l’armée. Deux jours après l’acquittement du traître, le célèbre article, « J’accuse…! », signé Émile Zola est publié le 13 janvier 1898, à la Une du journal L’Aurore. (…)C’est un événement médiatique fracassant (…) Émile Zola met sa plume au service du combat contre l’injustice et l’intolérance. Avec cette lettre ouverte au Président de la IIIe République, Félix Faure, L’Aurore offre une tribune à l’auteur à succès de l’époque. L’article, (…) dénonce le complot contre Alfred Dreyfus et ses instigateurs. Avec son titre en manchette, (…) l’article fait sensation (…) Émile Zola réussit ainsi à ouvrir un débat public autour de la condamnation. L’engagement politique de l’intellectuel porte ses fruits. Preuve de sa réussite, le journal Le Temps publie, (…) une pétition pour réviser le procès du capitaine Dreyfus, signée par des personnalités importantes et notamment, les grands auteurs et artistes de sa génération. ». Sur la plainte du Ministre de la guerre, condamné en Cour d’Assise, Emile Zola est obligé de fuir son pays pour l’Angleterre. Le verdict de 1899 cassé en juillet 1906, le capitaine Dreyfus est réellement réhabilité et nommé Chevalier de la Légion d’honneur, puis réintégré dans l’armée. Il participera à la guerre de 1914-1918 pour devenir colonel et mourra en 1935. A Madagascar, les affaires à scandale ne manquent pas. Les disciples de Zola sont rares. Raison pour laquelle ces pilotes d’Air Mad lésés, les employés et plaignants contre les grandes compagnies minières (QMM et Sheritt) pétrolières comme Madagascar Oil souvent déboutés traînent toujours d’un procès à l’autre sans avoir gain de cause. C’est une honte !

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