La Gazette de la grande ile

Les flamants roses, une espèce protégée

Publié le 10 avril 2021

Florent Rakotoarisoa, du temps de sa splendeur, n’a pas hésité à exterminer les flamants roses. Selon les indiscrétions, ce dernier est pourtant pressenti pour être à la tête de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC), malgré ses antécédents de braconnier d’espèce protégée.

Toliara. Un ex-ministre, ancien diplomate,

braconnier de flamants roses

Lundi, 27 Avril 2015 19:54 Conservation

Même l’intervention téléphonique d’un ancien Premier ministre n’a pas fait broncher les habitants de Saint Augustin, Toliara. L’ex-ministre, ne pouvait pas nier les charges invoquées contre lui : massacre d’espèces protégées, en l’occurrence des flamants roses. Un délit considéré comme le comble pour un magistrat.

La communauté locale TAMIA, chargée de gérer et de protéger les ressources naturelles dans la nouvelle aire protégée (NAP) Tsinjoriake, du côté de St Augustin (35km au sud de Toliara) fut alertée par des coups de feu, l’après-midi du dimanche 19 avril 2015. A leur grand étonnement un grand monsieur est en train de chasser des flamants roses, oiseaux migrateurs parmi les plus protégés au monde et qui font la renommée éco-touristique de Saint-Augustin dans le Parc de Tsimanampesotse. Aussitôt un hôtelier expatrié, l’association des guides et le maire de St Augustin furent informés pour prendre des mesures. Quand les guides, l’expatrié et le maire se sont mis à chercher, le braconnier s’est rendu compte qu’il était perdu. Il a décidé de prendre la poudre d’escampette sur son bateau pneumatique zodiac à moteur.

Alors commença une chasse à l’homme époustouflante. Se sentant en faute et en flagrant délit, l’homme a fait un grand détour, si loin qu’il était difficile de distinguer ses gestes. Les poursuivants quant à eux, n’ayant pas les mêmes moyens, ont préféré rebrousser chemin et l’attendre près de son véhicule 4X4: une Dodge, unique modèle dans le coin.

Quand l’homme revint quelques instants plus tard. Il fit vrombir le moteur de son zodiac si fort que les enfants ont couru se réfugier près de leur maman. Le chasseur voulait surtout impressionner et montrer qu’il n’avait rien à se reprocher. Effectivement le zodiac était vide, pas de flamants roses donc pas de preuves. En s’approchant de l’inconnu, le maire et d’autres personnes ont reconnu le braconnier : un homme bien connu, un magistrat, ex-ministre, quelqu’un qui est censé connaître la loi.

Les villageois étaient sûrs qu’ils avaient vu plusieurs flamants se débattre en train de mourir en ayant reçu du plomb dans les ailes. Quel mystère ? Qu’est-ce qu’il a fait des gibiers ? Des piroguiers sont partis sur les traces empruntées auparavant par le zodiac. Le pot-aux-roses fut aussitôt découvert : un sac flottait dans l’eau contenant plus d’une dizaine de flamants. L’ex-ministre braconnier n’a pas voulu reconnaître les faits. Il a même menacé les gens avec son  fusil de chasse. Le braconnier a appelé un ancien Premier ministre pour venir à son secours. Le maire a calmé les choses et a demandé au délinquant de réparer son forfait. Pour ne pas envenimer les choses, l’ex-ministre toujours magistrat en fonction a déboursé, à contrecœur, 100.000 Ar et est reparti dans sa Dodge en maugréant des mots incompréhensibles.

Jeannot Ramambazafy, Abel 2015

Souvenir, souvenir …

Un ancien ministre et à la fois ancien diplomate de Madagascar qui chasse des flamants roses, des oiseaux migrateurs mondialement protégés, qui font la renommée éco-touristique du village de Saint-Augustin.

L’après-midi du dimanche 19 avril 2015, dans la ville de Toliara, un ancien diplomate et ancien ministre avec sa famille, s’est rendu à Saint-Augustin, un village de pêcheurs situé à 35 km au Sud de Toliara. Cet ancien haut responsable de l’Etat a garé son «Dodge » devant la maison du gardien du mini port à Saint-Augustin. Il en a fait descendre son zodiac gonflable et   a amené un jeune du quartier de Lovokampy II pour le guider vers le site où il y a les flamants roses. Ce magistrat parmi les plus hauts gradés de Madagascar, a tiré trois coups avec son fusil sur les flamants roses, les oiseaux migrateurs parmi les plus protégés au monde et qui font la renommée éco-touristique de Saint-Augustin et du Parc de Tsimanampesotse, géré par le MNP, plus au Sud de Toliara.

Après avoir entendu les trois coups de fusil successifs, les villageois et pêcheurs de Saint-Augustin qui sont les « gardiens » des flamants roses se sont regroupé et se sont demandé ce qui passait dans le village. Ils ont averti le Maire et le Président de l’Association communautaire TAMIA, laquelle est chargée de gérer et de protéger les ressources naturelles dans la nouvelle aire protégée (NAP) Tsinjoriake. Le Maire a envoyé des jeunes hommes en pirogue pour interpeller le Magistrat, ancien ministre. Mais, comme ces jeunes étaient en simple pirogue et que l’ancien diplomate était en isodiaque (une vedette motorisée), ils n’ont pas pu le rattraper, car le Magistrat a pris la fuite en direction du village de Sarodrano, un autre village de pêcheurs situé à l’Ouest de Saint-Augustin, mais toujours au Sud de Toliara.

Le Maire a joint au téléphone le propriétaire d’un hôtel situé entre Saint-Augustin et Sarodrano, qui dispose d’une pirogue motorisée, pour interpeller le délinquant. L’expatrié résident et propriétaire de l’hôtel, avec la sollicitation du Maire, a pris par la suite sa pirogue motorisée avec 04 autochtones et a interpellé le Magistrat. Ce dernier a rétorqué que l’expatrié n’avait aucun droit de l’interpeller, même s’il a été sollicité par le Maire. Les autochtones ont par la suite informé le délinquant que le Maire de Saint-Augustin, en tant que premier magistrat du village, lui ordonnait de revenir à Saint-Augustin, car il a chassé des flamants roses. D’après les autochtones  à bord de la pirogue de l’expatrié, ledit magistrat les a menacés avec son fusil. Ce qui a obligé l’expatrié à tirer deux coups en l’air.

L’ancien ministre a finalement accepté de se rendre à Saint-Augustin et a pris de l’avance avec son zodiac rapide pour ensuite jeter un sac à l’eau. Les occupants de la pirogue de l’expatrié qui l’a escorté ont vu le sac jeté à l’eau et l’ont récupéré. Ce propriétaire de l’hôtel avec les autochtones à bord de sa pirogue motorisée ont ouvert le sac et vu les flamants roses massacrés.

En arrivant à la plage, le Maire en présence d’une foule de plusieurs centaines de personnes, a demandé au délinquant ce qu’il a fait. Ce dernier s’est présenté en tant que Magistrat et ancien ministre. Il a directement téléphoné un ancien premier ministre originaire du village de Saint-Augustin en annonçant « en français » que les villageois allaient le tuer avec sa famille. L’ancien premier ministre est intervenu auprès du Maire et ce dernier était prêt à laisser partir le délinquant, mais a demandé en contrepartie l’établissement d’un procès-verbal (PV) sur ce qui venait de se passer.

Le Magistrat a refusé de signer le PV et annoncé qu’il n’avait pas chassé les flamants roses comme il l’avait déjà annoncé et que c’était l’expatrié qui les avait pris en chasse, sa famille et lui. C’est pourquoi le sac était dans la pirogue de l’expatrié. Il a ensuite rajouté que si les villageois ou le Maire portaient plainte contre lui, il ferait tout son possible pour faire partir l’expatrié de Madagascar. Les villageois et le Maire, témoins de la situation, lui ont dit qu’il ne pouvait pas se tirer de l’affaire aussi facilement en rejetant la faute sur les autres. Le Maire lui a déclaré qu’il a sollicité l’expatrié pour l’interpeller.

Après l’intervention de l’ancien premier ministre qui a promis au Maire de se rendre à Saint-Augustin très prochainement pour régler l’affaire, les villageois épuisés, l’action d’interpellation ayant duré de 16h 30 jusqu’à 21h, ont demandé au délinquant de « disperser la foule » comme à l’accoutumée.  C’est une pratique ancestrale dans le Sud quand il y a infraction de demander au délinquant de payer une somme symbolique pour la faute qu’il a commise. Le Magistrat a du payer Ar 100 000,00 lesquels ont été distribués symboliquement à tous les villageois présents. Il a demandé à rapporter avec lui au moins deux flamants roses, fruits de sa chasse, avant de quitter le village de Saint-Augustin pour regagner Toliara vers 21heures, mais les villageois ont refusé. Quant aux flamants roses massacrés, les gens s’en sont disputé le partage et les plus forts ont réussi à les ramener pour les manger.

Il est à noter qu’il existait 04 groupes de flamants roses dans le village de Saint-Augustin. Ils se composaient au total de 166 individus. Après cet incident du dimanche dernier, l’Association des guides touristiques n’en ont plus compté que 14 têtes et s’est demandée où étaient passés les 142 moins les 16 têtes, massacrées par l’ancien ministre. Selon toujours les guides, cette situation mènera à la baisse le tourisme à Saint-Augustin qui est la filière la plus prometteuse du village, à part la pêche. L’Association TAMIA, gestionnaire de la NAP Tsinjoriake, s’est plainte du fait que ce n’est pas que les gens ne connaissaient pas les techniques pour chasser les flamants roses. Ils ne les chassent pas, car malgré leur niveau d’éducation, ils savent que c’est une espèce protégée mondialement…

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