La Gazette de la grande ile

Pauvreté multidimensionnelle : Deux enfants sur trois touchés

Publié le 13 avril 2021

« A Madagascar, 2 enfants sur 3 vivent désormais dans la pauvreté multidimensionnelle, ce qui signifie qu’ils n’ont pas accès à l’éducation,à la santé, au logement, à la nutrition, à l’assainissement ni à l’eau salubre », alerte l’Unicef Madagascar dans son rapport (Octobre 2020) mais publié hier sur « Les privations multiples des enfants à Madagascar ». L’Unicef a établi 8 dimensions à savoir la nutrition, la santé, le développement de l’enfant, l’éducation, la protection (par rapport au mariage de l’enfant, la discipline violente et la violence domestique), la protection (par rapport à la violence sexuelle, le travail des enfants, la grossesse précoce et l’enregistrement de naissance), l’eau et l’assainissement ainsi que l’habitation. D’après les résultats, il a été rapporté que plus de deux tiers (67.6%) des enfants malgaches souffrent de privations matérielles dans au moins deux dimensions de bien-être simultanément et un enfant sur 5 (23.7%) souffre de privations dans quatre dimensions de bien-être ou plus.

Hier, la plateforme de la société civile pour l’enfance (PFSCE) a célébré la journée des enfants en situation de rue, à travers la distribution de repas chauds et de kit Covid qui comprend masque, gel désinfectant et savon. La PFSCE fait état d’environ 23 000 vivant dans la rue à Antananarivo (études en 2015), dont un tiers vivant dans la rue jour et nuit et deux tiers travaillant pendant la journée pour rejoindre leur domicile le soir. « Le phénomène ne décélère pas actuellement », souligne un communiqué. En effet, « les familles sont de plus en plus nombreuses à rejoindre la rue avec leurs enfants », poursuit-on. En 2017, 2 430 enfants vivant seuls dans la rue ont été identifiés dans les 6 arrondissements de la commune urbaine d’Antananarivo. L’Unicef et le ministère de la Population et de la protection sociale ont pu enquêter 1 632 d’entre eux. Résultats : une moitié vivant dans la mendicité, un sur 10 de petits vols, un sur 10 de portage de biens ou d’eau et 3 sur 10 victimes de violence.

Chaque région souffre de problèmes différents, à en croire l’Unicef, mais aucune région n’est exempte de privations. « Dans les régions du plateau central, les enfants souffrent surtout de problèmes liés à la nutrition (jusqu’à un enfant sur 2 touchés par le retard de croissance à Antananarivo), alors que dans les régions du Sud-ouest (Toliara), ils tendent à avoir plus de privations dans les autres domaines (surtout santé et éducation). Les régions de la côte Est sont surtout confrontées aux problèmes dans le domaine de l’habitat et de la communication, alors que le Nord tend à avoir une grande concentration de privations en matière de protection », précise-t-on. D’après l’Unicef, il est ainsi crucial de formuler des politiques contextualisées aux réalités et aux problématiques spécifiques à chaque région.                                 Recueillis par A.N.

Lire aussi