La Gazette de la grande ile

Trafic de tortue à Beloha Androy : Deux gendarmes sous mandat de dépôt

Publié le 30 avril 2021

Suite à l’affaire de trafic de tortue à Beloha Androy la nuit du 7 avril dernier, la Gendarmerie Nationale, le MEDD (ministère de l’Environnement et du Développement Durable) et le TSA (Turtle Survival Alliance) ont tenu une conférence de presse hier au Toby Ratsimandrava. «  La campagne tolérance zéro est appliquée et renforcée pour tout trafiquant de ressources naturelles sans distinction aucune », annonce-t-on. Les responsables des infractions devront tous répondre de leurs actes devant la loi.

Pour rappel, onze individus dont deux gendarmes sont suspectés dans la tentative de trafic de 193 tortues dans la commune de Tranovaho, district de Beloha (738 km d’Antananarivo). Il s’agit d’un commandant de brigade de la gendarmerie de Beloha et de son collègue de deuxième classe. Ces derniers qui ont été suspendus de leur fonction et placés sous mandat de dépôt. Sur les onze individus interceptés, sept personnes sont placées sous mandat de dépôt et les quatre autres ont été relâchés.

Les « sokake » sont menacées d’extinction à cause du braconnage. On ne trouve plus de « sokake » que dans quelques zones de l’Androy et Atsimo Andrefana, et leur nombre a beaucoup diminué. La ministre de l’Environnement et du Développement durable, Vahinala Raharinirina a toutefois révélé que « depuis la crise sanitaire, son équipe dans le Sud du pays reçoit des appels pour dénoncer un braconnage ou des tentatives de transport illégal de tortues presque chaque semaine ». Que les sanctions s’imposent à tous les trafiquants des espèces menacées sans distinction ! Que la justice fasse preuve d’indépendance pour l’application stricte des peines dans les cas de criminalité environnementale ! Dommage, ce sont toujours les haut placés dans le pays qui sont compromis dans des affaires de trafic, à voir les deux gendarmes inculpés. Et la gendarmerie nationale qui se montre exigeante dans la poursuite des trafiquants alors que ses pairs y sont concernés. « Il n’y aura aucune intervention possible en cas d’implication de tout agent de l’État, quel qu’il soit, dans les trafics des espèces menacées et celui des bois précieux», a déjà mis en garde la ministre Vahinala Raharinirina.

Nandrianina A

 

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