La Gazette de la grande ile

SENTINELLE : L’alternance de passage est une des solutions pour les embouteillages…

Publié le 25 mai 2021

Depuis peu, on a vu une nette amélioration de la circulation urbaine sur certains axes routiers d’Antananarivo. Une lumière d’espoir se pointe à l’horizon quand un embryon de civilité apparaît au niveau d’un comportement citoyen adopté par les chauffeurs de tout acabit. Cette amélioration se résume au fait que les conducteurs de véhicules actuels acceptent le fait d’utiliser sur certains croisements de rues, l’ALTERNANCE DE PASSAGE DES VEHICULES.

Ce mode opératoire depuis peu usité, est une preuve que la mentalité des Malgaches au volant est en train de s’améliorer. Il est vrai que des brebis galeuses réfractaires au civisme arrivent encore à s’insérer dans les flots de voitures en circulation, mais ils sont de plus en plus en infériorité numérique à mesure que le temps passe.

Il fut un temps où les routes et les rues ont été des zones de non-droit dans lesquelles le fait de s’y immerger équivaut à se jeter dans l’antre de lions affamés. En effet, toutes les frustrations des chauffeurs de la ville se sont déversées sur ces routes, rues et ruelles où la lutte de classes faisait rage, où le machisme trouvait son  terrain de prédilection, et où le féminisme se cherchait ses droits les plus élémentaires. Cette réalité négative peut disparaître si des mesures d’accompagnement prises par les autorités en place, vont dans la direction voulue qui est d’œuvrer pour que disparaissent enfin, les embouteillages causés par une incivilité collective.

Depuis quelque temps, on s’est aperçu qu’il y avait une démultiplication de policiers en service dans les carrefours qui jonchent la ville. Dommage qu’ils soient complètement amorphes et désintéressés de leur rôle qui consiste à fluidifier la circulation urbaine. On dirait même que ce monde susnommé est en mode léthargique pour un dessein bien connu signifié par le manque de motivation et de consignes bien précis.

Cette fois-ci, au lieu de citer les diverses causes probables des embouteillages, on va donner une des solutions capables de les résorber. Nombreux sont sûrement nos responsables communaux qui ont voyagé en France, et sont passés à Paris. A moins qu’ils n’aient fermé les yeux en passant dans ces contrées, ils ont sûrement vu la fluidité des voitures entrant sur la périphérie. Ce qui nous intéresse est : comment les Français ont procédé pour solutionner le problème crucial des embouteillages sur ce tronçon ? Pour ce faire, les responsables français ont adopté sur la file de droite du PERIF, un croisement en alternance avec les voitures qui venaient rejoindre cet axe routier de grande envergure, et cela fut un succès.

En considérant le fait qu’il faut s’inspirer des bons exemples de ce qui se font ailleurs, mettons ce mode opératoire en vigueur à Madagascar, car s’il s’est avéré efficace dans des pays où le nombre de véhicules circulant dans la ville est nettement plus important que le nôtre, il ne peut que confirmer ses vertus chez nous. Alors pour être à leur niveau, il nous faut adopter ce style de circulation qui est de prioriser l’alternance sur le passage des voitures dans tous les croisements, c’est-à-dire, à chaque fois qu’on se retrouve dans un bouchon. Le fameux panneau «­­­­Cédez la priorité» est désormais suranné. En effet, si on a réussi à le faire avec la priorité à gauche, pourquoi ne pas essayer celui-ci ?

Il est vrai que cela nécessite une éducation appropriée des automobilistes, et une surveillance accrue et constante des autorités compétentes sur tous les croisements. Mettre en place ce concept déjà utilisé dans d’autres pays, n’est pas la mer à boire ! On peut faire appel au respect mutuel de nos usagers de la route, ainsi qu’à une certaine rectitude de nos agents de la circulation.

Il est factuel que pour le moment, ces derniers consultent perpétuellement leurs propres téléphones, au détriment de la surveillance des délits faits sous leurs yeux. Le mieux est qu’ils fassent office d’agents promoteurs, novateurs et initiateurs de l’alternance de passage des véhicules dans les carrefours ou les croisements de la ville.

Cette méthode préconisée est une des solutions capables d’inverser l’augmentation des embouteillages. «L’adopter n’est pas résoudre le problème inhérent à la circulation». Pour que cela soit, et qu’elle devienne pérenne, il nous faut les contributions effectives les plus sincères des forces de l’ordre qui peuvent donner le coup de pouce final, pour que soit acquis définitivement ce modèle de circulation imprégné de respect mutuel.

A travers l’adoption de la mesure susnommée pour désencrasser nos rues et ruelles des embouteillages monstrueux générateurs de stress nocif, le comportement de chacun au volant doit nécessairement changer. En tant qu’éducateur, je crois en l’efficacité de la dualité délit-sanction ; un système de gestion qu’il nous faut appliquer pour atteindre notre objectif qui est la réduction des embouteillages.

 Max Randriantefy

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