La Gazette de la grande ile

Pandémie : santé et éducation décimées par le coronavirus

Publié le 28 mai 2021

Quand il y a un an, certaine disait que le coronavirus n’est pas aussi dramatique que la peste et le choléra et qu’à son habitude elle défend mordicus que son raisonnement de l’époque tenait la route car il n’y avait pas encore le variant sud africain (sic), on aurait aimé qu’elle ait eu raison. Le personnel de santé a été décimé par le coronavirus, des médecins,  des paramédicaux,  ceux qui risquent leur vie au quotidien face à ce virus, qui en arrivent à ne pas voir leurs familles pour éviter de les contaminer ou qui ont contaminé leurs familles. Ceux qui voient partir ces patients qu’ils ont pris en charge et pour qui ils ne pouvaient plus faire plus. Ceux qui voient l’argent dépensé dans des futilités en pleine crise sanitaire et qui continuent quand même de faire leur travail malgré le peu de moyens ou avec le peu de ressources financières personnelles qu’ils ont. Ils ont prêté serment et travailler dans le domaine de la santé est un véritable sacerdoce. Dans ce milieu, beaucoup sont morts du fait du coronavirus. Ils n’ont pas le temps de se morfondre quand un des leurs meurt ; ils n’ont pas le temps de s’apitoyer sur leur sort ; ils n’ont pas le temps de penser à eux car les malades attendent,  car ils voient ces malades qui les attendent,  qui espèrent en eux, que le personnel de santé essaie tant bien que mal de maintenir en vie. Mais ils restent des humains,  ils demeurent des citoyens qui n’en peuvent plus quand ils voient les dirigeants aller à contre courant des mesures barrières,  ils n’en peuvent plus quand ils entendent certains discours irresponsables de personnes appelées responsables dans ce pays que sont les dirigeants, ils n’en peuvent plus quand ils voient clairement qu’il y a de l’argent pour les carburants faramineux des députés et que durant un an, le gouvernement n’a pas songé à commander cette liste de besoins élaborés il y a un an par le ministre Ahmad Ahmad et que l’exécutif ait attendu la deuxième vague meurtrière pour faire venir les concentrateurs d’oxygène et autres matériels nécessaires pour faire face à la pandémie. Beaucoup d’entre les médecins et les paramedicaux y ont laissé leur vie. Le coronavirus est plus meurtrier que la peste et le choléra.

Ce même virus a décimé les enseignants.  On parle du corps enseignant dans les universités mais il a touché aussi d’une manière ou d’une autre les autres enseignants.  Les universitaires  de tout Madagascar ont vu partir les leurs. Les derniers mois ont été pareillement meurtriers pour le corps enseignant.  Des professeurs emportés par le coronavirus, plusieurs professeurs emportés par le coronavirus, et pas de recrutement dans les universités depuis des années malgré les départs à la retraite ainsi que ces innombrables décès. Les universités publiques,  qui déjà fonctionnent difficilement ; les universités qui fonctionnent plus avec des vacataires qu’avec des enseignants fonctionnaires titulaires ; les universités qui peinent à  attirer du monde, qui peinent à attirer la relève ; les universités se vident de leurs enseignants et chaque départ pose la question du qui va faire le cours, qui va encadrer les étudiants etc. Le coronavirus est plus meurtrier que la peste et le choléra.

Que reste t- il quand le personnel de santé est en nombre insuffisant ? On nous répondra qu’il y a déjà une politique de recrutement. Il a fallu que le coronavirus soit là pour que l’on se rende compte de l’importance du personnel médical ? Il a fallu que le coronavirus soit là pour qu’on se rende compte que les recrutements massifs dans certains départements ministériels pour bénéficier des avantages hebdomadaires,  mensuels,  trimestriels,  semestriels et annuels devraient être revus face à ce qui importe le plus, coronavirus ou pas, la santé publique. Car que serait un pays avec un système de santé défaillant ? Certains oseront peut-être répondre qu’il faut faire une évacuation sanitaire… Il en est de même pour l’enseignement, l’éducation.  On reprendra juste cette citation qui dit tout “Si vous voulez détruire un pays, inutile de faire une guerre sanglante (…). Il suffit de détruire son système d’éducation (…)”. Le coronavirus a réussi  à décimer  le personnel  de santé et le personnel enseignant mais pas que… ; il a réussi à décimer des familles entières ; et surtout sa gestion catastrophique a mis à genoux l’économie, a mis à mort le secteur du tourisme et a encore plus exacerbé les tensions entre les gens et à contribuer à détruire le pays sur les plans économique et social.

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