La Gazette de la grande ile

Affaire SMMC – Fuite à l’étranger : Rinah veut prendre le large 

Publié le 08 juin 2021

Très tard dans la soirée, une information de dernière heure (de source sûre, digne de foie et en haut lieu) nous apprend que Rinah Rakotomanga n’a pas pu obtenir un Visa d’entrée en France auprès des services de ce pays à Antananarivo. Une telle démarche de sa part était prévisible à cause des récents articles de presse dénonçant sa participation à des opérations financières abusives pas très légales qui relèvent des trafics d’influence et des octrois de marchés publics dans l’affaire SMMC . Différentes sources crédibles font état de dossiers y afférents entre les mains de l’Inspection Générale d’Etat et même du Bianco.

La semaine dernière, c’est sans beaucoup de surprise donc que le public prend connaissance de l’abrogation du décret n°2019-142 du 20 février 2020, lors du Conseil des ministres du 2 juin 2021. Acte officiel mettant fin à la nomination de cette personne au poste de Directrice de la Communication au sein de la Présidence de la République. Personne très proche du premier cercle du pouvoir à Madagascar, Rinah Rakotomanga depuis longtemps, avait accumulé bourdes sur bourdes depuis sa participation au retentissant plagiat du discours d’investiture de Hery Rajaonarimampianina en 2013. Celle qu’une certaine presse désignait sous le sobriquet «Sniper de la République» à cause de sa manie de réagir sur les réseaux sociaux à tout bout de champs, serait mêlée (le conditionnel est de rigueur) à «des malversations». Notre journal a déjà publié que cette affaire dite du SMMC, nous est parvenue dans la semaine du 26 avril dernier. Après recoupement et enquête, tous les éléments rassemblés démontrent que Rinah Rakotomanga a utilisé la signature de deux représentants de sociétés concurrentes pour faire croire à une compétition sur une offre de marché public. Après obtention du marché par faux et usage de faux, elle a également obtenu 80% du prix total du marché, soit 1.145. 914. 278,72 d’ariary en guise d’avance. Ce qui est illégal au regard de la loi (Code du marché public, alinéa 52) qui affirme que seulement 20% de la somme totale du marché public attribué à l’heureux élu (la société titulaire du marché) au maximum sont autorisés à être débloqués en guise d’avance.

La semaine dernière, un magistrat au sein du PAC a affirmé que cette affaire est déjà passée au Pôle Anti-Corruption et a été transférée au BIANCO le mercredi 5 mai dernier pour ouverture d’enquête. Aussi, le DG du Bianco a affirmé que «le Bianco ne laissera pas cette affaire se tasser. ». Cette affaire impliquerait aussi un opérateur qui est à la foi un protégé de la dame et son associé, dans des dossiers de paiements sulfureux de marchés fictifs dont serait bénéficiaire ce dernier, proche parent d’un ministre dans le gouvernement actuel. A Madagascar, les évasions et fuites vers d’autres cieux pour ne pas être rattrapé par la justice se suivent, mais ne se ressemblent pas du tout. Celle de Houcine Arfa qui a éclaboussé une ministre de la Justice, une dame du Parquet n’a rien de commun avec le départ incognito d’Arizaka Raoul Rabekoto. Ce DG de la CNAPS selon un article de Fabrice Floch publié par FranceInfo le 7 octobre 2020, fait l’objet d’un «mandat d’arrêt international émis à la demande de la France en septembre. Il aurait détourné 25 millions € de la Caisse nationale de prévoyance.» Il ne s’agit là que de quelques cas assez étonnants. Et si les services officiels ne font pas suffisamment attention ou manquent «de vigilance» par négligence volontaire, Rinah la «sniper de la République » rejoindra la liste des évadés célèbres hors de Madagascar.

Noël Razafilahy

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