La Gazette de la grande ile

sentinelle : Pour une valorisation effective de la vie

Publié le 29 juin 2021

Des morts, des morts et des morts ont parsemé nos chemins de croix depuis quelque temps. Il est vrai que la pandémie du COVID-19 a fait des victimes dans  tous les domaines d’activités. Des citoyens lambda, des artistes, des hommes politiques et des dizaines de membres d’une congrégation religieuse nous ont quittés récemment dans des circonstances qui prêtent souvent à controverse.

 Cette escalade mortelle qui a fait la une de tous les médias radiophoniques, télévisuels, ainsi que les journaux et réseaux sociaux, est en train de changer une facette de notre vie sociale. Bon nombre de nos concitoyens veulent maintenant qu’on rende compte des dessous d’un décès de leur famille, ami ou compatriote par des enquêtes approfondies s’y rapportant. Pour ce faire, une demande sinon une exigence sur la mise à contribution des autorités compétentes en la matière, pour élucider les raisons véritables  qui ont occasionné la mort de nos compatriotes. Cela dénote un véritable changement d’approche sociétale à Madagascar.

 Le fatalisme légendaire des Malgaches sur le concept de la mort est aujourd’hui ébranlé. Jusqu’ici quand un Malgache perdait la vie en ayant été assassiné ou en ayant eu un accident, ses proches généralement se résignent et se réfugient derrière un fatalisme morbide imputant à Dieu le destin du défunt. L’irresponsabilité, la paresse et la lâcheté des proches font sortir des âneries comme celle-ci “A quoi bon poursuivre en justice le ou les responsables de notre bien aimé car cela ne le ressuscitera point !”.

 Cette aberration découlait du fait que, rarement il y eut une poursuite sérieuse des délits mortels perpétrés sciemment ou accidentellement par des criminels dans notre pays. Cette résignation coupable fut la cause de tous nos maux, il a plongé dans l’irresponsabilité la plus sordide nos autorités compétentes, nous maintenant dans les griffes du sous-développement. Il est temps qu’un changement de comportement sociétal vis-à-vis de la mort soit, pour relever à sa juste valeur l’importance de la vie dans notre pays. Eh oui ! On parle ici de la vie d’un Malgache à l’instar de celle des autres nations civilisées chez qui  la perte d’un des leurs peut faire naître un mouvement national à l’instar du “Black Lives Matter”. La valorisation d’une vie par tous les moyens nécessaires à sa sauvegarde, peut remettre notre cher pays sur les rails du développement.

 Dans la réalité actuelle, un citoyen malgache peut mourir d’accident partout et dans n’importe quelle circonstance, sans que des mesures efficientes venant des autorités ne viennent enrayer cette hécatombe. En bref, notre vie n’a aucune valeur aujourd’hui. Cet état de fait qui perdure depuis des décennies, est la conséquence de l’irresponsabilité des tenants successifs du pouvoir qui ont oublié qu’ils ont pour mission première de sauvegarder la vie du citoyen en assurant sa sécurité, avant de se projeter dans des perspectives de croissance. Il nous est important de rappeler que la sécurité est jusqu’à nos jours le garant de la légitimité de tout projet de société, surtout pour éviter l’exode rural. Mettre la charrue devant les bœufs est un manque de réalisme qui nuirait au développement équilibré du pays.

 Fallait-il attendre le sacrifice de toutes ces victimes de tous bords en tous genres pour comprendre enfin qu’il faut s’atteler aux différentes tâches  concernant la préservation de la vie ? Quand on voit toutes les autorités malgaches accourir au chevet des victimes  de ces abominations l’air affligé, on est dans l’espoir que des mesures vont être prises désormais. Est-ce que cela serait le starter du grand changement impliquant des sanctions concernant l’irresponsabilité des autorités  compétentes ?

 Il est temps de :

– recentrer une politique qui fait route vers un déviationnisme certain qui est déjà de s’occuper des prochaines élections présidentielles pour perdurer à la place juteuse des tenants du pouvoir,

– de faire preuve d’humanisme en priorisant la prévention pour éviter la guérison d’une blessure d’un fait létal,

– d’en finir avec l’irresponsabilité chronique d’un service public trop occupé lui-même à lutter pour sa survie.

Alors, que le pouvoir en place prenne à bras le corps ce dur labeur auquel il a  promis  de veiller à travers la constitution malgache.

 Max Randriantefy

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