La Gazette de la grande ile

Ouverture des frontières aériennes : Pour une égalité de traitement (4ème partie)

Publié le 01 juillet 2021

A l’apogée de la pandémie actuelle, tous les vols nationaux et internationaux ont été interdits. Il avait été prouvé qu’une partie des contaminations était causée par le personnel des avions et par les passagers en provenance de l’étranger. Pourtant, Air France a contourné cette interdiction juste et utile en prétextant des vols exceptionnels, des vols spéciaux et des vols de rapatriement qui étaient des vols commerciaux déguisés. Pendant ce temps, bien entendu, Air Madagascar n’était pas autorisée à atterrir sur le territoire français. Cette asymétrie n’a échappé à personne. L’absence de réciprocité est la marque d’un néocolonialisme conquérant.

Pendant la durée du confinement, Air France s’est retrouvée dans une situation de monopole, en passant outre les mesures impératives dictées par l’état d’urgence sanitaire, au motif que les ressortissants français ne peuvent pas subir une interdiction de circulation. En se plaçant au-dessus de nos lois, Air France a également évincé tous ses concurrents et pris des parts de marché, de manière tout à fait illicite. Les autres compagnies devraient engager des poursuites judiciaires pour concurrence déloyale.

Pour attirer le maximum de touristes du monde entier, Madagascar doit s’ouvrir à la terre entière. Elle ne doit pas rester une destination attitrée des touristes français transportés par des compagnies aériennes françaises et logeant dans des hôtels appartenant à des Français. Par sa superficie, Madagascar est un grand pays qui doit voir grand. La Grande Ile doit accueillir davantage de touristes et investisseurs en provenance du continent africain et du continent nord-américain, mais aussi de Chine et de Russie.Ces continents et ces pays constituent un formidable réservoir de touristes potentiels. Pour que les touristes des quatre coins puissent venir à Madagascar, il faut donner l’opportunité aux compagnies étrangères du monde entier de débarquer des passagers de la terre entière. Cette ouverture est la condition première pour que l’aéroport d’Antananarivo Ivato devienne le hub de l’Océan Indien.

Si nos autorités ne reprennent pas la situation en main, par un beau matin ensoleillé, Air Madagascar sera déclarée en faillite pour le plus grand bonheur d’Air France et Adema sera anéantie pour la plus grande joie de Ravinala Airports. En maîtrisant notre espace aérien et nos principales infrastructures aéroportuaires, la France contrôlera alors la totalité de notre territoire. Nos avions civils et militaires devront obtenir la permission de la France pour atterrir sur notre propre sol, pour décoller et pour se ravitailler. Est-ce vraiment cela que nous souhaitons ? Ceux qui pensent que notre opinion relève de la science-fiction ou de la théorie du complot se trompent. La colonisation a été une réalité. La néo-colonisation n’est que son prolongement. Pour preuve, Air Madagascar ne possède pas de lounge dans le nouveau terminal de Ravinala Airports à Ivato.

R.Lola et Ranary

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