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Directeur général du Trésor : Le fonds souverain, motif du limogeage

Publié le 26 août 2021

Jusqu’à ce jour, l’abrogation subite de la nomination du directeur général du Trésor (DGT) constitue encore un sérieux problème non résolu au niveau du gouvernement. Une abrogation subite et irréfléchie qui a été faite sans aucune conscience des répercussions négatives d’une telle décision sur notre économie en général. Le gouvernement n’a prévu aucun remplaçant au DGT après le limogeage, entraînant un vide institutionnel grave au niveau des finances de l’Etat. La signature du DGT est requise pour toutes les principales opérations budgétaires comme l’exécution des dépenses et des recettes de l’Etat.

Face à ce sérieux blocage, le ministre de l’économie et des finances (MEF) continue de prendre les choses à la légère et n’est pas du tout pressé pour une nouvelle nomination. Cela fait pourtant une semaine que tous les paiements sont suspendus au niveau du Trésor à l’exception des soldes et des pensions de retraite.

D’après les informations, l’abrogation subite de la nomination du DGT, Ihaja Ranjalahy, décidée en conseil des ministres le 18 août dernier, n’est pas le fait d’un hasard. En effet, la résistance d’Ihaja Ranjalahy sur la mise en œuvre du fonds souverain votée en catimini au niveau de l’Assemblée nationale le 12 août dernier aurait été la raison de son exclusion subite. Ihaja Ranjalahy aurait résisté à la mise en œuvre du fonds souverain en raison de son opacité vis-à-vis  de la politique d’investissement, du cadre institutionnel et ouvrant la voie à des dérives. La directive de l’abrogation aurait été donnée par Andry Rajoelina en personne à son ministre de l’économie et des finances Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison en vue d’évincer le DGT.

Dans certains pays africains comme le Nigeria, plusieurs milliards ont disparu dans le cadre des fonds souverains. Après des enquêtes, les fonds auraient été détournés à des fins électorales. A rappeler que Roland Ratsiraka, député élu à Toamasina, s’est également exprimé sur ces fonds souverains et les risques qu’ils présentent. Selon ses dires, « Pourquoi Madagascar va-t-il créer un fonds souverain, alors que nous n’avons pas d’excédent économique ? Est-ce une manière d’injecter des fonds privés pour blanchiment auquel l’Etat malgache procèdera sur le dos du peuple ». L’Exécutif attend ainsi une « marionnette » à nommer à la tête du Trésor pour assouvir sa soif de concrétiser le fonds souverain.

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