La Gazette de la grande ile

Edito : Sommes-nous vraiment un Etat de droit ?

Publié le 31 août 2021

Notre Une de samedi “Un an et demi d’hypocrisie” nous a valu plusieurs commentaires quant “aux deux poids deux mesures” qui prévalent à Madagascar. Les autorités disent souvent que nul n’est au-dessus de la Loi. Et pourtant !

Combien parmi les membres de la délégation du Président ont subi un test PCR à leur arrivée sur le sol malgache dimanche dernier ? Combien parmi eux font la quarantaine de 5 jours ?

Les joueurs Barea arrivés dimanche ne respecteront certainement pas la quarantaine.

Les inspecteurs de la CAF qui vont arriver ne la respecteront pas non plus. Ni les joueurs du Bénin.

Madagascar aura beaucoup de chances si aucun de ces passagers n’est porteur du variant delta.

Le Président a-t-il voulu détourner l’attention du peuple malgache sur l’échec de sa dernière mission en France ? Est-ce pour cela qu’il s’est attaqué de front à la Fédération Malgache de Football ? Se demander de quel droit la FMF s’est permise d’écrire à la CAF ? Personne n’ose penser que le Président ne sait pas que la FMF a son autonomie par rapport au gouvernement.

Se targuer d’avoir fait voyager en classe affaires les joueurs Barea, contrairement à la FMF ! La FMF l’a probablement fait compte tenu de l’état de ses finances, d’autant plus qu’il n’y aura aucune rentrée d’argent pour ce match du 2 septembre.

Espérons donc qu’à l’avenir, le Président paiera le surclassement en classe affaires de TOUS les sportifs malgaches voyageant dans le cadre de compétitions internationales. Et pas seulement les footballeurs. Par exemple, les boulistes ont également brillé dans les compétitions internationales.

Pour en revenir au match Bénin/Madagascar, le Président a déclaré à son arrivée qu’il n’y a plus de covid à Madagascar. Feint-il d’oublier que l’état d’urgence a été prolongé dimanche dernier pour 15 jours. Il est vrai que cela s’est fait pendant son absence. Néanmoins, parmi les mesures reconduites figure l’interdiction de réunion publique de plus de 400 personnes. Alors, avant de demander à la CAF une autorisation pour 20 000 spectateurs, n’aurait-il pas fallu préalablement abroger cette loi d’état d’urgence ?

Faites ce que je dis pas ce que je fais ? L’exemple doit venir d’en haut. Et le bon exemple, de préférence !

La Gazette

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