La Gazette de la grande ile

Edito : ” Allons d’abord faire la fête !”

Publié le 06 septembre 2021

Faire la fête,  danser, s’amuser et manger si ce n’est se goinfrer… Voila les éléments caractéristiques de la joie, de la bonne humeur chez nous. Quand les occasions se présentent de faire la fête, on le fait et à ce moment précis  on fait montre d’égoïsme, on ne pense qu’à soi, on ne pense qu’à ce moment particulièrement festif et on est capable de faire semblant de fermer les yeux sur tous les malheurs qui jonchent notre quotidien. Tant que cela vient du quelconque quidam qui a déjà du mal à garder le sourire, à survivre dans le contexte  actuel, c’est compréhensible. Le temps d’une fête avec les prestations des articles gratuitement, la foule était en liesse à Mahamasina. Voir un spectacle gratuit, question d’apporter un peu de joie dans un quotidien définitivement morose, c’est une occasion en or. Sûrement que le Chef de l’Etat aussi a du mouron à se faire, peut être que lui aussi n’a pas tous les jours le cœur à la fête mais contrairement à ses compatriotes il est à la tête de l’Etat pour servir la population, pour servir le pays.  Aussi, quand lors de la “fête” à l’Ambassade de Madagascar à Paris un compatriote, Fanilo  Ramasomanana, l’interpelle sur la corruption notamment au ministère de la santé par rapport au centre de transplantation rénale et que la seule réponse du Chef de l’Etat, sur cette vidéo virale sur les réseaux sociaux,  est de dire “allons d’abord faire la fête !” est malheureusement indigne d’un Chef d’État.  Il ne s’agit pas de petits fours,  il ne s’agit pas de broutilles,  il s’agit de corruption et il s’agit de santé publique et le Bianco a déjà été saisie de l’affaire. Le Chef de l’Etat aurait dû agir en Chef d’État : dire que l’enquête est en cours, dire qu’il va suivre cela de près,  dire que personne n’est au dessus des lois, dire sa fameuse phrase de “0 corruption,  tolérance 0”, mais non…il a dit “allons d’abord faire la fête !”. La fête était plus importante que cette interpellation,  la fête était plus importante que d’écouter les voix discordantes pour une fois que le Président avait pu avoir dans un seul endroit des représentants de la diaspora, la fête était plus importante que la voix que l’on entend dans la vidéo d’une femme qui interpelle le Président sur le prix des produits de première nécessité “Président,  momba ny PPN!”, la fête était ce qui importait le plus quand la voix qu’entendait le Président n’est plus “merci Président,  bravo Président !”. On ne sait quoi en penser toujours est-il qu’il y a réellement un malaise quand face à une interpellation relevant de faits de corruption, le Chef de l’Etat n’a d’autre répondant que de dire “allons d’abord faire la fête!”. Aussi, face à la famine qui frappe nos compatriotes dans le fin fond du Sud, ou face au chômage,  ou face à  des faits dramatiques… la réponse serait-elle de dire “allons d’abord faire la fête !” aussi indécent que cela puisse paraître? Une fois de plus Panem et circenses!

La Gazette

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