La Gazette de la grande ile

Nomination des ministres : Simple erreur de casting ?

Publié le 13 septembre 2021

Constat sans aucun parti pris : les régimes précédents semblent avoir mieux entretenu les infrastructures routières. Au point qu’on a voulu minimiser leurs efforts en déclarant que “les routes ne se mangent pas”. C’est à se demander si ce n’est pas fait exprès pour avoir à les réhabiliter afin de permettre une pose de nouvelle première pierre pour la réhabilitation, ou même d’une “deuxième” comme pour la route Ambilobe Vohémar. C’est le cas des RN2 et RN6 dont le président Rajoelina vient d’annoncer le début des travaux.

Enfin conscient de l’importance des infrastructures routières (mieux vaut tard que jamais), il a ordonné à Tamatave la réhabilitation de toutes les routes nationales, sans pour autant préciser avec quels moyens. Lors de la passation avec son successeur des travaux publics, le Ministre HajoAndrianainarivelo a dit “Nous comptons sur votre savoir-faire qui, nous l’espérons, amènera des changements…pour convaincre le Président et le Premier Ministre de payer les arriérés encore dus à des entreprises ayant effectué des travaux d’entretiens routiers”. Autrement dit, mêmes les travaux faits ne sont pas payés (peut-être,n’est-ce pas une priorité car ils ne donnent pas lieu à de manifestations grandioses de “werawera” ?). Donc, penser à en lancer de nouveaux ne sera qu’un vœu pieux, conformément au vieil adage malgache “Tany mena tsymirehitra”. Au lieu de prioriser dans le budget les charges de maintenance des routes, le gouvernement a préféré doter les gouvernorats de nombreux engins couteux sans même leur avoir donné les moyens suffisants pour les utiliser efficacement. Gageons que très bientôt, les gouverneurs vont finir par “louer” ces engins à quelques sociétés amies de travaux publics. Notons que les pelles mécaniques pouvant servir à des travaux d’irrigation nécessaires aux travaux agricoles ne figurent d’ailleurs pas dans ces dotations, montrant clairement que l’agriculture ne fait pas partie des priorités de ce gouvernement.

A notre avis, il ne s’agit donc pas d’une simple erreur de casting qu’un changement de ministre aurait pu corriger. C’est la politique même du gouvernement qui n’est pas cohérente et la faute ne revient pas uniquement aux ministres.

Par ailleurs, le secrétaire d’Etat français auprès du ministre de l’Economie et des Finances Benjamin Griveaux qui a démissionné de son poste pour se présenter aux élections municipales de 2020 à Paris, a dû retirer sa candidature à la suite de la divulgation d’affaires à caractère sexuel. Quelques mois plus tard, il même abandonné son mandat de député.

Ces derniers jours, l’affaire “mama sosy” a défrayé les chroniques. Et Mme la Ministre reste toujours en place, malgré une erreur manifeste de casting cette fois-ci.

La nomination du nouveau ministre des affaires étrangères, formé dans les grandes écoles même s’il n’en est pas sorti diplômé -sic-, ancien fonctionnaire français n’est elle pas également une autre erreur de casting ? Monter une académie diplomatique en ignorant que l’ENAM sort des diplômés spécialisés dans la diplomatie ? Sans parler de l’existence du CEDS ? Dans un interview, il précise “qu’on choisira des ambassadeurs compétents, qui pratiquent les deux langues officielles de Madagascar”. Et le Ministre lui-même a pourtant du mal à articuler deux mots de malgache !

Parmi les 4 priorités qui lui ont été fixées par le Président et le PM, figure en 4ème position la lutte contre la corruption. Il aurait été crédible s’il a commencé par exiger le rapatriement de la désormais conseillère d’ambassade à Paris Rinah Rakotomanga, visée par un rapport de l’inspection générale de l’Etat ! Au passage, nous apprenons que “lors des rencontres avec les entreprises francophones, nous avons emmené un certain nombre de chefs d’entreprise. Ces derniers nous ont permis de faire un grand dîner de gala où chacun a apporté ses produits.”

Enfin, lors de sa dernière visite à la Secren, le Ministre Edgar Razafindravahy a déclaré, selon son journal L’Express, “en arrivant dans l’enceinte du chantier naval et en voyant les infrastructures encore existantes, j’ai tout de suite réalisé qu’il n’est pas difficile de redresser la Secren”. Tout comme le ministre Vonjy qui est passé du ministère de l’énergie à la direction générale de la Jirama, le Président ne devrait-il pas nommer dès maintenant Edgar Razafindravahy DG de la Secren. Cela aurait permis d’éviter l’invention du “sac de charbon manara-penitra” comme pour ne pas être en reste avec sa prédécesseure avec le “kapoaka manara-penitra”.

Nous continuerons ultérieurement ce scan des différents postes ministériels.

La gazette

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