La Gazette de la grande ile

Sentinelle : Triste sort d’un centre hospitalier“manaram-penitra” 

Publié le 14 septembre 2021

J’ai passé une des semaines les plus tristes de ma vie pendant le début de mes vacances à Mahajanga. Parti en famille pour la ville des fleurs, seulement après deux journées estivales, ma sœur qui était parmi nous, était soudainement partie rejoindre nos aïeux sans que je n’aie pu rien faire pour elle. L’infarctus du myocarde qui l’a emporté fut sans appel malgré son acheminement vers le nouvel hôpital.

 Le nouvel hôpital renommé Centre Hospitalier Universitaire, dans ma souvenance lors de mon dernier passage est composé par de bâtiments récents. Je fus surpris par sa dégradation actuelle, car ce  centre de soin tant vanté pour sa modernité m’a paru avoir plus de cinquante années d’existence.

 Ce constat est conforté par :

– les très beaux carreaux qui tapissent le sol des couloirs de l’hôpital  sont des fois cassés ou enlevés, des fois ils sont animés de vie car tellement ils bougent sous les pieds des visiteurs, ou carrément ils sont en partance pour d’autres cieux (SIC) car ayant fini leur séjour en ces lieux pour aller orner d’autres sites.

– Les sanitaires extérieurs sont d’une saleté indigne d’un centre de soin, ils véhiculent sûrement des virus et des bactéries prêts à s’agripper sur les usagers qui y passent.

– Les murs sont sales, en effet les responsables de tous les bâtiments administratifs oublient le contrôle du nettoyage de ces derniers et ne s’attellent qu’à vérifier la propreté du sol.

– La salle d’attente de  l’urgence est ornée de deux chaises métalliques  quasiment en état de déliquescence indigne de la stature du manara-mpenitra tant prôné.

– Le jardin qui devrait être un havre de paix, est plus que mal entretenu.

Seul le personnel soignant de ce centre par leur effort personnel dans l’accueil des malades, échappe à la débandade avérée de cet établissement.

 Mais où est donc le gestionnaire ou le directeur de ce centre hospitalier ? D’après nos constats, les premiers responsables ne sont pas à la hauteur de leurs tâches. Ils ont laissé péricliter cet hôpital qui aurait dû être le fleuron sanitaire de la région du BOENY. Un manque effectif de contrôle, une méconnaissance de ce qu’on appelle entretien sont les témoins incontestables de l’irresponsabilité de l’administrateur de cette clinique. La bonne gestion d’un établissement sanitaire ne doit en aucun cas s’arrêter au niveau des soins, mais elle doit aussi s’étendre sur l’environnement, et faire office d’exemple de bonne organisation et de bon goût, c’est-à-dire qu’elle doit participer à l’éducation citoyenne dans tous les compartiments sociétaux.

 A ceux qui nous gouvernent ! Les édifices administratifs malgaches ne doivent plus être considérés comme des dépotoirs en tous genres. Pour garder une certaine solennité républicaine, ils méritent soins et entretiens permanents. Les fonctionnaires actuels n’ont plus d’excuse sur leur laisser-aller, ils doivent se ressaisir et faire en sorte que leur lieu de travail soit comme leur propre maison. Une brigade de contrôle doit être désormais érigée pour pallier aux insuffisances dans l’entretien de nos bâtiments publics et de leur environnement.

La bonne répartition des tâches au sein d’une administration est le seul moyen d’identifier le bon grain de l’ivraie. La lutte contre le népotisme au sein d’une unité professionnelle publique doit être priorisée pour mettre fin à cette irresponsabilité latente qui nous caractérise. Par extension, le recrutement des fonctionnaires qui est un domaine dans lequel règne allègrement la corruption, doit être scruté dans son mode opératoire avec plus de rigueur.

 Max Randriantefy

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