La Gazette de la grande ile

Joël Andrianomearisoa : Une œuvre pour Antananarivo

Publié le 15 septembre 2021

Son nom ne dit peut-être rien pour la plupart des Malgaches, mais Joël Andrianomearisoa est un artiste de renommée internationale. Quoi qu’il en soit, son nom était partout quand la maison Dior a fait appel à lui en 2019 afin qu’il confectionne sa propre version du sac Lady Dior.

Né en 1977 à Antananarivo, Joël Andrianomearisoa fait partie de cette première vague pionnière d’artistes contemporains malgaches. Son œuvre se développe autour d’une narration non explicite, souvent abstraite que chacun perçoit sans pouvoir autant la nommer. Son monde des formes tisse son ouvrage en séquences souvent dans une profonde tristesse d’une absence impossible à combler. Et pour cela il utilise, sans hiérarchie, le son dans sa dimension immatérielle ou le livre dans son hyper matérialité, le textile soyeux ou le plastique rugueux, le noir ou les couleurs les plus chatoyantes. Il a exposé son travail dans de nombreux et prestigieuses institutions culturelles internationales comme le Maxxi à Rome, le Hamburger Bahnhof à Berlin, la Smithsonian à Washington, le Centre Pompidou à Paris. En 2016, il a reçu le Prix Arco Madrid Audemars Piguet.

Actuellement, le plasticien malgache prépare une œuvre pour le Fonds Yavarhoussen qui la prêtera par la suite à la commune urbaine d’Antananarivo. Baptisée « Ici nous portons tous les rêves du monde », la sculpture sera installée et inaugurée le 9 octobre prochain sur l’esplanade de l’hôtel de ville à Analakely. « Le Fonds Yavarhoussen a gentiment prêté l’œuvre à la commune pour plusieurs années », affirme Naina Andriantsitohaina hier à l’occasion de la signature de convention entre  les deux parties, à savoir la commune d’Antananarivo et le fonds Yavarhoussen. « C’est  un grand honneur pour le Fonds Yavarhoussen qui soutient Joël Andrianomearisoa et de nombreux artistes malgaches de répondre à l’invitation du maire. Cette aventure a débuté en 2019 lorsqu’il a fallu se mobiliser afin de faire exister le premier pavillon Madagascar à la Biennale de Venise. Nous avons contribué à installer Madagascar sur la carte artistique mondiale », résume Hasnaine Yavarhoussen, fondateur du Fonds Yavarhoussen sur le début de l’aventure avec Joël Andrianomearisoa.

A.N.

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