La Gazette de la grande ile

Pollution de l’air : Aucune lutte effective

Publié le 16 septembre 2021

A l’échelle mondiale, plus de  neuf personnes sur dix respirent de l’air pollué, d’après l’OMS. La pollution de l’air tue 8,8 millions de personnes chaque année, dont sept millions des enfants. Madagascar n’échappe pas à ce fléau. Bien au contraire, sa capitale, Antananarivo figure parmi les villes les plus polluées en matière d’air. Ça lui arrive même de dépasser New Delhi, la ville la plus polluée du monde. Au mois de septembre 2020 alors que cette dernière enregistrait une concentration de particules fines de 292 microgrammes par mètre cube d’air en moyenne, un des moniteurs de qualité de l’air utilisé à Antananarivo a affiché 631 le 5 novembre 2020, soit 25 fois supérieur aux recommandations de l’OMS. « De nombreux facteurs sont à l’origine de cette pollution notamment les feux de brousse, la briqueterie, le brûlage à l’air libre des déchets, les gaz d’échappement des voitures qui sont aussi accentués par la forte teneur en souffre des carburants utilisés, les fumées industrielles, l’émission de gaz méthanes issues des déchets municipaux », a affirmé hier la ministre de l’Environnement et du développement durable Baomiavotse Vahinala Raharinirina hier à l’occasion de la journée nationale de la qualité de l’air d’hier. Mais quid de la lutte contre cette pollution ? Madagascar s’est certes engagé dans une lutte contre la pollution de l’air, mais faute de moyens et surtout de volonté, la lutte n’est pas effective. Ces derniers jours, les faits ne font que démontrer cela. Effectivement, comment peut-on prétendre à une lutte digne de ce nom si l’on n’offre même pas les moyens à cet effet ? A titre d’illustration, un agent forestier s’occupe de 200 000 hectares de superficie, ce qui est beaucoup trop à surveiller. Cette faille favorise entre autres l’exploitation illicite des forêts et aires protégées et rend la lutte contre les feux de végétation impossible. C’est le cas du feu observé récemment à Ankarafantsika qui a duré cinq jours avec une centaine d’hectares partie en fumée.

A.N.

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