La Gazette de la grande ile

Exploitation Base Toliara : les populations locales partagées

Publié le 16 septembre 2021

Suspension : tel est le qualificatif actuel du permis d’exploitation du projet Base Toliara. Début août, un groupe de personnes a fait une déclaration, refusant la reprise des activités de la société. Ils ont même réclamé le retrait définitif du permis d’exploitation de cette dernière. Mais hier, une autre partie de la population de Toliara II s’est manifestée. D’après eux, ce projet n’appauvrira point Toliara. « Au contraire, il participera à relever l’économie locale. Les dirigeants du projet ont toujours promis de prioriser la population locale, ce qui est chose faite», affirment Wilter, Fihaona Mahatsinjo et Delicia Zanane qui représentent les parents des 24 jeunes qui ont bénéficié d’un programme de formation de deux ans au sein du Base Titanium qui n’est autre que la filiale kenyane du groupe Base Resources. Ces jeunes se sont envolés pour Kenya début septembre 2019. Deux ans après, ils sont de retour à Madagascar. Par contre, les choses se sont compliquées pour le projet Base Toliara au cours de ces dernières années. Pour le moment, aucune exploitation n’est fait. Or, ces jeunes qui ont reçu une formation complète en alternance dans les domaines techniques de l’électricité et l’instrumentation, de la soudure et de constructions métalliques, de la mécanique automobile et industrielle ainsi que du froid et climatisation devraient intégrer Base Toliara à leur retour. « Si le projet ne se poursuit pas, ces jeunes se retrouveront une fois de plus sans emploi », poursuivent-ils. Certes, ces parents ont un intérêt à gagner dans la reprise des activités de Base Toliara. Par ailleurs, le permis minier du projet est illégal. D’après la Cour des comptes qui a présenté un rapport début avril de cette année, un permis d’exploitation a bien été délivré dans le cadre de ce projet, période pendant laquelle la délivrance de permis est suspendue. Les organisations de la société civile de leur côté s’inquiètent surtout des retombées environnementales, comme c’est le cas de la communauté des pêcheurs qui estiment que le projet n’apportera rien de bien pour la localité, mais plutôt de la destruction.

Recueillis par Annie N.

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