La Gazette de la grande ile

Filière vanille : Libéralisation du secteur exigée par les opérateurs

Publié le 21 septembre 2021

La campagne d’exportation de vanille a débuté le 15 septembre dernier et prendra fin le 31 mai 2022. Le prix plancher de la vanille préparée à l’exportation imposé par l’Etat fait débat dans le secteur. Les opérateurs qui œuvrent dans le domaine se plaignent du fait que cela ne reflète pas du tout la réalité à l’échelle internationale. C’est pourquoi ils réclament à ce que l’Etat abandonne cette décision de fixer un prix plancher FOB alors qu’il ignore tout ce qui tourne autour. Vis-à-vis de cela, ils réclament la libéralisation du secteur car ce sont  eux qui connaissent la situation à laquelle ils sont confrontés. Il faut dire que le prix fixé par l’Etat est loin de correspondre à la réalité qui prévaut sur le marché à l’international. Comme le prix imposé ne va pas de pair avec le marché, cela fait reculer les opérateurs à acheter la marchandise. Le Conseil National de la Vanille (CNV) est mis sur pied pour préserver la filière qui est complètement à côté de la plaque, tout comme l’Etat précisent les opérateurs vis-à-vis de la situation.

En tout cas, la tension est palpable vis-à-vis du prix plancher qui n’arrange pas la situation des opérateurs. Les organisations de la société civile venant de la Sava et d’Analanjirofo ont d’ailleurs déjà émis leur inquiétude dernièrement par rapport au fait que le maintien du prix plancher risque de faire monter davantage les tensions. Par ailleurs, les opérateurs ont effectué une réunion de crise par rapport à la situation à Sambava vendredi dernier. Selon eux, le juste prix est compris entre 150 et 200 dollars le kilo. Certes, la vanille de Madagascar est considérée comme un produit de qualité, mais de là à en arriver à ignorer le prix réel qui prévaut sur le marché, c’est très présomptueux de la part des dirigeants malgaches. En 2020, Madagascar a exporté un peu plus de 2 300 tonnes avec comme prix plancher 250 dollars par kilo. Il est fort probable que Madagascar ne réussira pas à réitérer le même volume d’exportation pour cette année avec le maintien de ce prix plancher si on s’en tient aux plaintes émises par les opérateurs.

Un grand nombre des opérateurs rechignent par rapport à ce prix plancher pour ne pas dire la quasi-totalité. L’Etat a tenu à recourir à la décision d’imposer un prix plancher afin d’éviter une chute importante du prix. Il faut noter que le prix du kilo de vanille n’a cessé de chuter au cours de ces dernières années. A rappeler que le kilo se vendait à 450 dollars en 2014, 600 dollars en 2015, 700 dollars en 2018, 350 dollars en 2019 et 250 dollars l’année dernière.

Jean Riana

 

Lire aussi