La Gazette de la grande ile

Justice à Madagascar : La digitalisation en marche

Publié le 25 septembre 2021

La justice malgache connaît une crise de légitimité depuis un certain temps et ce en raison de la corruption qui prévaut dans le pays. La situation économique du pays est fortement affectée par la corruption incluant le milieu judiciaire. Eh oui, la justice ne réchappe pas à la corruption. Elle figure même parmi les institutions les plus corrompues à Madagascar avec la sécurité. Pour faire court, la justice malgache a une mauvaise réputation et cela ne date pas d’hier. Par ailleurs, on a déjà eu droit à la recrudescence des cas de vindictes populaires en raison du manque de confiance envers la justice et le système sécuritaire. Vis-à-vis de cela, la digitalisation du secteur est en marche en vue d’une justice plus efficace, transparente et redevable. Le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et le Chef de Coopération de l’Union européenne, ont lancé à Antsiranana hier le coup d’envoi de la digitalisation de la justice malgache.

L’informatisation est une grande opportunité pour les trois ordres de juridiction malgache (administrative, judiciaire et financière), ainsi que pour chacun et chacune des acteurs de la justice à Antsiranana, comme dans les cinq autres chefs-lieux de province qui ont bénéficié de cette digitalisation : Toamasina, Mahajanga, Toliara, Fianarantsoa, Antananarivo. Il est à noter que l’informatisation a le potentiel d’accélérer significativement les procédures, de renforcer la qualité des décisions de justice, d’éviter les pertes de dossier et de rendre concrets les principes de transparence et d’accessibilité de la justice aux citoyens.  La digitalisation des procédures dans les tribunaux est considérée comme une des étapes essentielles vers une justice moderne, plus efficace, plus rapide et plus redevable.

Le projet « Ny Fanjakana hoa an’ny Daholobe – Une administration pour tous (NFD) » financé par l’Union européenne a fourni un appui de grande ampleur à l’informatisation de la justice pénale, administrative et financière dans les six chefs-lieux de province de Madagascar, ainsi qu’au Pôle Anti-Corruption (PAC) d’Antananarivo.  Le but de ce projet d’un montant de 12 millions d’euros qui a une durée de sept ans prenant fin en mai 2022 est de renforcer l’efficacité de l’administration publique malgache dans ses trois composantes, à savoir la gestion des finances publiques, la gestion des ressources humaines de l’Etat, la justice et la corruption. La question est de savoir si la digitalisation a le pouvoir d’équilibrer la balance avec la corruption qui règne dans le secteur.

Jean Riana

Lire aussi