La Gazette de la grande ile

Reprise économique : Madagascar en quête de budget

Publié le 28 septembre 2021

L’Etat malgache vient de se vanter d’avoir reçu l’allocation d’un montant le plus élevé des droits de tirage spéciaux (DTS) jamais accordée à Madagascar à hauteur de 234,2 millions de DTS, soit 332 millions de dollars. Il faut noter que le DTS n’est pas une devise à proprement parler. Il a été créé pour remplacer l’or monétaire dans les grandes transactions internationales. Contrairement à ce que l’Etat veut faire croire par le fait que l’allocation des 332 millions de dollars est le fruit de la rencontre du Président de la République, Andry Rajoelina et la Directrice générale du Fonds Monétaire International (FMI), Kristalina Georgieva au siège de ladite organisation à Washington DC,  le 23 septembre 2021, la quote-part de Madagascar a déjà été inscrite bien plutôt auparavant. Eh oui, le FMI a procédé depuis le 23 août 2021 à l’injection record de liquidité de 456,5 milliards de DTS, équivalent à 650 milliards de dollars dans l’économie mondiale. De ce fait, le déplacement du Président Andry Rajoelina était bien précis notamment pour réclamer la quote-part qui revient à Madagascar vis-à-vis de l’allocation de DTS de la FMI,  vu que le pays manque cruellement de budget.

Les DTS sont une ressource précieuse et c’est aux pays membres qu’il appartient de décider de la meilleure façon d’en faire usage. Il n’est plus nécessaire de spécifier que Madagascar est actuellement aux abois. C’est pourquoi les dirigeants malgaches s’activent dont le Président de la République en premier lieu pour rechercher de l’aide ici et là, quitte à aller lécher les bottes de la France qui est en conflit avec Madagascar vis-à-vis de la restitution des Iles Eparses. Effectivement, Madagascar n’a pas hésité à signer un accord gouvernemental avec le Trésor Public Français, le 20 septembre dernier par rapport au projet d’installation d’un réseau de transport par câble à Antananarivo et le projet Mandraka 3. Ce qui ne fait que renforcer l’emprise de la France envers la Grande Ile dont la vulnérabilité est plus qu’évidente.

Il faut noter que le Président Andry Rajoelina s’est déplacé à Washington non pas pour négocier, mais pour réclamer la quote-part  de Madagascar destinée  à aider le pays à surmonter les effets de la pandémie et appuyer la relance économique. Seulement, la part de Madagascar est bien maigre comparée à d’autres pays, et qu’il ne peut le toucher que sur présentation d’un dossier bien précis. L’Afrique du Sud et le Nigéria sont les plus gros bénéficiaires des 23,73 milliards de DTS, soit 33,66 milliards de dollars destinés aux pays africains. La quote-part de l’Afrique du Sud est de 2,92 milliards de DTS ou 4,15 milliards de dollars et pour le Nigéria c’est 2,35 milliards de DTS ou 3,34 milliards de dollars. La République démocratique de Congo figure quant à elle dans le top dix notamment au sixième rang avec 1021,7 millions de DTS, soit 1 446 millions de dollars. Madagascar se trouve au 23ème rang entre le Soudan du Sud (334 millions de dollars) et Mozambique (309 millions de dollars). Pour faire court, ce n’est pas avec sa quote-part bien maigre de 332 millions de dollars que Madagascar va réussir à appuyer sa relance économique, surtout que les projets de développement du régime actuel sont basés sur le visuel se tournant autour des constructions « manara-penitra ».

Jean Riana

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