La Gazette de la grande ile

Allocation du FMI : Non, Rajoelina s’est trompé

Publié le 28 septembre 2021

A sa descente d’avion, le président s’est félicité de l’obtention “d’une aide non remboursable” (sic) du FMI après avoir convaincu la DG du FMI de la justesse du programme économique et social du gouvernement. Il a précisé que ce serait la première fois dans son histoire que Madagascar bénéficie d’une telle “manne”.

Sur le site du FMI, on peut lire que la 1ère allocation générale de DTS aux membres du FMI d’un montant de 9,3 milliards de DTS. La 2ème allocation générale de 12,1 milliards de DTS a eu lieu en 1979-1981, la 3ème allocation de 161,2 milliards de DTS en 2009.

La dernière allocation générale d’un montant de 650 milliards de dollars a été décidée le 2 août 2021 par le conseil des gouverneurs du FMI. Selon les statuts du FMI, ces allocations sont allouées à chaque pays, et Madagascar n’a reçu ni plus ni moins que sa quote-part de 234,2 millions de DTS, soit l’équivalent de 332 millions US dollars.

C’est donc la 3ème fois et non la 1ère fois de son histoire que Madagascar bénéficie de sa quote-part d’une allocation générale du FMI.

Le Président a précisé que ce fonds ne sera pas utilisé pour le fonctionnement de l’administration, mais sera orienté vers des projets d’investissements et nous nous en félicitons. Nous osons espérer que son affectation ne sera pas décidée par le seul gouvernement, mais sera discutée publiquement ou au moins au niveau du Parlement. Ceci afin d’éviter une utilisation non prioritaire comme certains qualifient le stade Barea ou le projet téléphérique. Déjà, au mieux ces lignes ne seront utilisées que par ceux qui seront près de stations. Mais parmi ceux qui ont un intérêt à l’utiliser, combien en auront les moyens au prix du 4 000 ariary le ticket ? Même les bus class à 1 500 ariary peinent à se remplir.

Par ailleurs, le Président a annoncé la venue prochaine de 20 navires transportant des PPN pour approvisionner le marché local à un prix “raisonnable”, donc probablement subventionné. Une subvention figure dans les dépenses de fonctionnement et ne sera donc pas financée par cette “manne” provenant du FMI. Les arriérés de paiement tels que les bourses, les salaires de certains fonctionnaires, le paiement des carburants de la Jirama, etc… risquent probablement d’augmenter, car ces subventions ne semblent pas avoir été prévues dans la dernière Loi des Finances rectificatives.

Enfin, nous sommes encore loin des promesses de produire tout ce dont nous avons besoin !

La Gazette

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