La Gazette de la grande ile

Edito : Ouverture des frontières et Air Madagascar à l’agonie

Publié le 05 octobre 2021

Le simple citoyen qui considère que l’insulaire a besoin de sortir de son île pour voir d’autres horizons et avoir une ouverture d’esprit se pose des questions face à toutes ces informations lues depuis quelques années et ces dernières semaines à propos d’Air Madagascar. Le même simple citoyen qui a lu l’interview de l’ancien DG de Tsaradia, qui entend les déclarations du syndicat des employés d’Air Madagascar, qui lit ce qui circule sur le Net à propos d’un projet de vente de trois twin… en arrive à se demander si cette velléité de ne pas ouvrir les frontières tout en ayant déjà déclaré la fin de l’urgence sanitaire et que Madagascar “a gagné ” la lutte contre le coronavirus n’est pas non plus liée à l’agonie d’Air Madagascar.  Certains disent même depuis au moins six mois que s’entêter à dire qu’il faut avoir une compagnie nationale est devenue une hérésie compte tenu de la situation actuelle d’Air Madagascar.  Bien sûr,  si le Président de la République dit qu’avec lui, on voit tout ce qu’on n’a pas vu depuis 60 ans, une déclaration à double tranchant, il lui paraît certainement difficile de décider que si durant 60 ans, il y a eu une flotte nationale, maintenant il n’y en aura plus. C’est une éventualité que beaucoup se refusent à  admettre, mais de manière très pragmatique, une compagnie qui n’opère plus depuis plusieurs mois ; une compagnie qui n’arrive plus à payer ses créanciers alors que sa filiale Tsaradia lui verse le coût de la location ; une compagnie dont plus aucun avion ne vole sous ses couleurs depuis plusieurs mois mais où, selon la déclaration des syndicalistes,  certains touchent 100% de salaire,  d’autres 50%, d’autres 30%… on fait facilement le lien entre la fermeture des frontières et l’état d’Air Madagascar car, quand les frontières vont ouvrir -elles doivent ouvrir de manière générale et non pour des faux vols de rapatriement ou pour une certaine catégorie de personnes -les personnes vont prendre Air France,  Air Austral, Ethiopian Airlines, Kenya Airways etc. pour sortir du pays, si Air Madagascar ne fonctionne pas encore. C’est dire que pour les voyageurs, malgaches ou pas, l’essentiel est de pouvoir bouger, l’essentiel est de pouvoir voyager. Va t’on s’attirer l’ire d’un certain nombre de personnes en disant qu’Air Madagascar est voué à poser les clés sous le paillasson ou va t’on continuer à dire à l’Etat et donc aux contribuables d’aider financièrement Air Madagascar, car le pays, un pays souverain digne de ce nom, a absolument besoin d’une compagnie aérienne nationale ? Depuis plusieurs mois, on parle d’un business plan d’Air Madagascar. Si le business plan tarde à être présenté, c’est qu’il y a un malaise.  Si ce fameux business plan était aussi fabuleux et pouvait sortir Air Madagascar du gouffre, cela aurait fait longtemps qu’on l’aurait vu. De même,  une compagnie aérienne tellement endettée que l’on veut absolument faire décoller devrait au minimum avoir quelqu’un aux commandes et non un intérimaire invisible. Bien sûr que bon nombre de personnes trouvent dommageable cette situation dans laquelle se trouve Air Madagascar tout comme bon nombre de personnes ne comprennent pas pourquoi certaines personnes touchent 100% de salaire, 50% de salaire ou 30% de salaire, ou que bon nombre de personnes ne comprennent pas le ratio nombre de flottes, nombre de personnel et zéro vol. Comme la Directrice générale par intérim est quasi invisible, nous reprendrons ce qu’avait déclaré l’ancien DG de Tsaradia lors de l’interview qu’il a accordée à nos journalistes, “on a oublié le respect de soi,  des autres, de la compagnie”… une compagnie qui était devenue la vache à lait de l’Etat, qui était parfois la vache à lait de certains de ses dirigeants et même de certains de ses personnels l’ayant transformé même dans certains cas en compagnie familiale. Espérons que l’ouverture des frontières n’est pas conditionnée par le redémarrage d’Air Madagascar, car il y a des gens qui ne s’inventent pas des rapatriements, mais qui veulent simplement pouvoir maintenant sortir du pays et entrer et qui veulent avoir le choix et non subir le prix indécent imposé par Air France qui est en situation de monopole actuellement.

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