La Gazette de la grande ile

Edito : Quand l’année universitaire commence par la grève

Publié le 06 octobre 2021

L’année universitaire 2021-2022 commence à partir du 4 octobre et aucun bureau n’est ouvert à Ankatso, aucun cours ne peut se tenir, car le personnel administratif est en grève justifiée,  plus que justifiée, car le salaire du personnel administratif n’est pas arrivé sur le compte de l’université d’Antananarivo depuis janvier 2021! Si on ne sait pas ce qu’est l’égoïsme et l’irresponsabilité,  ce qui se passe à l’université d’Antananarivo est une manifestation de l’égoïsme des responsables étatiques. Autant, des personnes qui travaillent dans un ministère où elles s’enrichissent avec des indemnités hebdomadaires,  mensuelles, trimestrielles, annuelles s’engraissent ; autant bon nombre de personnes ne touchent pas leur salaire et pour ce qui est de l’université d’Antananarivo, le personnel a donc depuis, été payé avec les frais d’inscription des étudiants.  Les enseignants sont solidaires avec le personnel, car humainement parlant, on ne peut décemment pas rester insensible à ce qui arrive à ces personnes qui ne touchent pas leur salaire, qui apprennent que leur salaire depuis janvier 2021 n’a jamais été versé sur le compte de l’université,  qui ont des charges dont des enfants à nourrir et qui vont à l’école et qui ont fait des prêts auprès des banques. A ce rythme là, l’année universitaire 2021-2022 part sur une très mauvaise base alors même que déjà personne n’a vu l’année 2020-2021. Les étudiants ont perdu un an à cause du Covid et les enseignants attendent leurs heures supplémentaires de 2017-2018. Bien sûr,  Antananarivo n’est pas Madagascar… mais à la longue, les étudiants qui aspirent à revenir sur les bancs de l’université vont finir par perdre patience, d’autant plus qu’un certain nombre d’entre eux attendent encore leurs bourses d’études de 2019-2020 ! Ne pas régler ce problème de manière urgente constitue une volonté certaine de mettre de l’huile sur le feu.  Les quelques membres du personnel avec qui nous avons discuté nous ont dit qu’ils vont durcir le mouvement s’il n’y a pas de solution pérenne. En effet,  à trop vouloir tirer sur la corde, elle finit par se casser et le prix à payer sera lourd !

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