La Gazette de la grande ile

Eau de la Jirama : « Non potable à la consommation », d’après les analyses de l’ACSQDA Publié le 27 février 2020

Publié le 06 octobre 2021

Ce n’est pas nous qui l’affirmons « gratuitement ». La confirmation selon laquelle l’eau de la Jirama est « non potable à la consommation humaine », est le résultat de l’analyse physico-chimique et microbiologique effectuée par l’Agence de contrôle de la sécurité sanitaire et de la qualité des denrées alimentaires (ACSQDA).

La rédaction de la Gazette de la Grande Ile a soumis 4 échantillons  à l’ACSQDA dont des échantillons issus d’un forage de 110m de profondeur à Ivandry (EAU 1), un autre échantillon issus d’un forage de 65m toujours à Ivandry (EAU 2), un échantillon d’eau minérale Evian (EAU 3) et un échantillon d’eau de la Jirama, sorti d’un robinet à Ivandry également (EAU 4). D’après les analyses, tous les échantillons sont déclarés potables à la consommation humaine, sauf l’échantillon EAU 4 qui est l’eau de la Jirama. Quand on a feuilleté chaque résultat, il n’y a pas une grande différence jusqu’à ce que l’on s’aperçoive des résultats « BHAA à 37°C » (bactérie hétérotrophe aérobie anaérobie) des caractères microbiologiques. « Les BHAA peuvent servir d’indicateur de pollution, notamment pour détecter la présence de matière organique résiduelle dans les conduites d’alimentation. La matière organique favorise en effet, la croissance des bactéries. Le rôle d’indicateur des BHAA est donc précieux pour un meilleur contrôle de la qualité de l’eau». Le dénombrement des BHAA vise à estimer la densité de la pollution bactérienne dans l’eau. La présence de ces bactéries en quantité anormalement élevée peut être indicatrice de difficulté de traitement ou d’un entretien inadéquat du réseau. Dans le cas de la Jirama, le BHAA à 37°C s’élève à 3,8.103, ce qui est largement supérieur à la norme. Le critère étant à 10²/ml. D’où l’interprétation et la conclusion de l’analyse selon laquelle « l’échantillon de produit est non satisfaisant par ses critères déterminés : charge élevée en BHAA à 37°C. Echantillon d’eau non potable ». Pour les autres échantillons, le résultat BHAA à 37°C ne dépasse pas la norme : 100 pour l’EAU 1, 70 pour l’EAU 2 et < 1 pour Evian, référence mondiale en termes de qualité. Comment peut-on empoisonner les abonnés de la sorte ? La qualité médiocre de service est une chose, mais là il s’agit carrément d’un crime. Le pire est que cette information est cachée aux abonnés qui pourraient limiter l’usage d’eau de la Jirama à la lessive, du moins pour ceux qui ont la possibilité de s’offrir ce luxe.

A.N.

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