La Gazette de la grande ile

Edito : Les parlementaires attendus au tournant

Publié le 07 octobre 2021

Les  représentants  du peuple, qu’ils  soient Députés ou  Sénateurs, portent de très lourdes charges aux  yeux de leurs électeurs à propos de la  vie  de la  nation. S’ils ont  été  élus, ce  n’est pas seulement pour toucher mensuellement des  émoluments  assez consistants et  autres  avantages  que le  commun  des mortels n’imagine même pas. Non seulement ils bénéficient de tous les  honneurs dans les mondanités et cérémonies officielles, mais au  sein  de la  société, les meilleurs morceaux de la viande du  bœuf sacrifié dans les  festivités traditionnelles de nos  campagnes leur sont aussi attribués. Et  si  jamais ils  ne  bénéficient pas de cette attention, les  familles organisatrices de la  réjouissance peuvent être assurées qu’elles figureront en  bonne place  dans la liste noire non  écrite que l’entourage de la personnalité garde toujours en mémoire.

Le  jour d’une demande  d’audience à  Tsimbazaza ou à Anosikely, ce  sera la mauvaise surprise garantie pour le citoyen lambda obligé de poireauter  sans  espoir de rencontrer la personne pour qui il a voté. Passons… Les réelles préoccupations des habitants sont plus  terre à terre.  De la pointe  nord  de  cette île  jusqu’aux paysages arides  sahéliens  des  rivages de l’Androy, tous les soucis  existentiels tournent autour des années des vaches maigres au  sens  propre comme  au  sens  figuré. Ils n’oublient  guère que les maux subis par tout un chacun à longueur d’année ont pour origine un niveau  de  vie généralisé qui  se  calcule avec  des  superlatifs pas  très  flatteurs.

Quand la masse se rencontre les  jours  de marché  hebdomadaire, les  gens n’ont pas peur de se lamenter  en public  entre eux, à propos des  difficultés rencontrées, pour  ne plus  vivre dans une paupérisation  constante qu’ils  vivent au  quotidien. Ils se  tournent d’abord tous vers ces discoureurs qui durant leurs  campagnes électorales, leur ont promis un avenir de mieux être et loin de la  situation  de précarité qu’ils  endurent. Dans les salons  également, ceux  qu’on considère  comme faisant partie  d’une  classe  aisée, ne  tarissent pas de  critiques sur le  contexte sociopolitique actuel fortement  perturbé par une  agitation permanente afin de secouer les cocotiers  du pouvoir et dans le  but  non dissimulé de «déshabiller Pierre ou Paul » afin de permettre à l’un ou l’autre Iznogoud grand perdant de la course électorale de 2018 de devenir Calife à la place du  Calife. Rien  que çà ! L’opinion s’attend  donc à  ce que les  députés  et les sénateurs  se penchent  sérieusement  sur  les vrais problèmes des  textes de lois de gestions des nos richesses minières qui ne profitent pour le moment qu’ à des  étrangers (sans  aucune retombée légitime dans le panier  de la ménagère). La priorité doit être aussi à ces dossiers  honteux sur les  voleurs et les putes de la  République «gelés» quelque part. Jusqu’à ce jour, les Ravalomanana Marc, Hery Rajaonarimampianina, Olivier Solofoson Mahafaly et tous les  fossoyeurs d’Air Mad et Jirama, ces  fleurons de notre pays, se  comportent comme  des poissons  dans l’eau alors  qu’ils sont de vrais poisons  dans l’eau pour notre économie en  général. La prochaine session parlementaire s’annonce donc assez mouvementée sauf si (dans un élan  de complicité institutionnelle) les  élus n’estiment pas  nécessaire la moralisation des mœurs  politiques des membres du  gouvernement dans leur  vie privée aussi.

Noël Razafilahy

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