La Gazette de la grande ile

Biodiversité : Essentiel à la survie humaine

Publié le 12 octobre 2021

La première partie en ligne et en présentiel de la quinzième réunion de la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (CBD COP15) a débuté hier et a vu les pays discuter pour convenir d’un plan de rétablissement de la nature, afin de créer Une Nature Positive d’ici à 2030.

Nous perdons la nature à un rythme jamais vu auparavant, comme le montre clairement le « Rapport Planète Vivante » du WWF en début 2021, qui révèle que la taille des populations de mammifères, d’oiseaux, de poissons, d’amphibiens et de reptiles a connu un déclin moyen alarmant de 68% depuis 1970.

Ces déclins sont en grande partie dus à l’augmentation de la demande en ressources naturelles pour subvenir aux besoins d’une population croissante et à des modèles mondiaux de consommation et de production non durables. Au niveau mondial, cette situation entraîne une perte d’habitat généralisée (- 45,9 %), une surexploitation des espèces (-35,5 %), ainsi que l’augmentation en nombre des espèces envahissantes et des maladies (11,6 %). Tout ceci est amplifié par d’autres facteurs d’envergure mondiale (déforestation, industrialisation, exploitation massive des terres, etc.) et intensifié par le changement climatique.

La biodiversité et les contributions de la nature en Afrique sont importantes d’un point de vue économique, social et culturel, essentielles pour assurer l’alimentation, l’eau, l’énergie, la santé et la sécurité des moyens de subsistance du continent. La biodiversité présente des avantages moins connus : des éléments tels que les récifs coralliens et les mangroves offrent une protection inestimable contre les cyclones et les tsunamis aux personnes vivant sur les côtes, tandis que les arbres peuvent absorber la pollution atmosphérique dans les zones urbaines. Ces environnements abritent également certaines des espèces endémiques : à Madagascar, les mangroves offrent un abri aux crabes et aux crevettes et servent d’habitat ou de garde-manger aux oiseaux, aux poissons, tortues marines et aux dugongs, un mammifère marin en voie de disparition.

Le WWF salue le travail progressif du groupe africain de négociateurs sur la biodiversité en vue de l’élaboration du cadre mondial de la biodiversité post-2020 qui sera adopté lors de la quinzième réunion de la Conférence des Parties (COP 15) à la Convention sur la diversité biologique. Pour Tiana Ramahaleo, Directeur de Conservation du WWF à Madagascar : “Nous sommes en face d’une urgence pour préserver et restaurer la nature unique de Madagascar qui s’est dégradée depuis plusieurs décades avec une vitesse vertigineuse. Avec une économie nationale et la vie au quotidien de Malagasy dépendant de la nature, l’émergence économique de Madagascar ne peut se faire sans cette urgence d’adresser les causes profondes à l’origine de la perte de notre richesse naturelle. Nous souhaitons que la Déclaration de Kunming ne reste pas sur de grands mots mais se traduise à des actions, des ressources et transfert de capacité qui ont des impacts réels sur non seulement la viabilité des espèces et des écosystèmes uniques, mais également sur le développement des communautés locales, en première ligne dans la préservation de ces ressources”.

L’ouverture de la 15è Convention des Nations Unies sur la diversité biologique est une occasion cruciale pour les dirigeants du monde entier afin qu’ils fassent preuve de volonté politique pour inverser la perte de biodiversité et parvenir à un monde positif pour la nature d’ici 2030.

Recueillis par T. B

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