La Gazette de la grande ile

Carburants : Anticiper les difficultés à venir (1ère partie)

Publié le 14 octobre 2021

« Gouverner, c’est prévoir ». Cette maxime, souvent utilisée, est attribuée au politicien français Adolphe Thiers. Tout dirigeant politique a fait l’expérience de la nécessité d’anticiper certains problèmes. Cette citation doit être complétée par une autre moins connue et attribuée au journaliste et politicien français Emile de Girardin : « Gouverner, c’est prévoir. Ne rien prévoir, c’est courir à sa perte. »

Après la crise sanitaire qui a commis des ravages à l’échelle planétaire, une crise énergétique mondiale se profile, comme le montre la pénurie de carburants qui frappe plusieurs pays industrialisés. Rien n’indique que la Grande Ile sera épargnée, même si la consommation locale est faible. Nos dirigeants doivent prévoir les probables répercussions de ce phénomène dans la Grande Ile. Les causes du désordre énergétique mondial sont aussi intéressantes que leurs conséquences probables pour Madagascar.

Les causes du désordre énergétique mondial se situent tant au niveau de la production que de la consommation. La production globale a diminué du fait que plusieurs pays producteurs ont connu la guerre. La production a été également ralentie par la crise sanitaire. Cette dernière a freiné la consommation. La reprise des activités industrielles et commerciales, après la levée de l’état d’urgence sanitaire dans de nombreux pays, a conduit à une forte poussée de la consommation d’hydrocarbures. Pour rattraper le temps perdu et le manque à gagner, les entreprises et les ménagers consomment énormément de carburant. Ce cumul de faits explique en partie la tendance haussière du prix du pétrole qui a dépassé les 80 USD le baril.

Quelles pourraient être les conséquences sur Madagascar ? Même si la Grande Ile représente un petit marché, elle sera forcément impactée par la hausse des prix et les difficultés d’approvisionnement à partir de décembre 2021 ou janvier 2022, c’est-à-dire en pleine période de soudure. Si la crise énergique frappe toute la planète comme le déluge biblique, Madagascar ne pourra pas miser sur la chance en se persuadant qu’elle passera à travers les gouttes. Etant donné que « gouverner c’est prévoir », nos autorités vont concrètement devoir convoquer les compagnies pétrolières pour déterminer les actions concrètes à envisager pour amortir le tsunami qui se prépare. L’Etat peut imposer un blocage des prix des carburants à la pompe et des réquisitions aux compagnies pétrolières. Cependant, il n’est pas certain que cette situation soit tenable pour celles-ci qui attendent encore le paiement d’arriérés importants de la part de l’Etat.

Phil de Fer

Lire aussi