La Gazette de la grande ile

Trafic d’espèces endémiques : problèmes croissants à Madagascar !

Publié le 16 octobre 2021

La biodiversité de Madagascar est en péril en raison des trafics d’espèces endémique et autres qui s’y opèrent, souvent sur fond de corruption. Ce sont là des problèmes croissants dans la Grande Ile, raison pour laquelle le gouvernement américain a lancé un nouveau projet de lutte contre la corruption et le trafic d’espèces à Madagascar hier. Le projet en question est doté de 3,4 millions de dollars, l’équivalent de 13. 209. 000. 000  ariary, sur une période de trois ans, pour lutter contre les problèmes croissants du trafic illégal d’espèces et de la corruption qui y est associée. Par ailleurs, l’Ambassadeur américain Amy J Hyatt n’a pas manqué de le spécifier dans sa déclaration lors du lancement officiel qui s’est tenu à Ivandry hier. Elle a indiqué que le trafic d’animaux sauvages est une infraction grave qui nuit à la prospérité économique, à l’Etat de droit, à la bonne gouvernance, aux efforts de conservation et à la santé humaine, et qui est souvent favorisée par la corruption.

Le niveau de corruption qui prévaut à Madagascar est assez élevé. La note et le classement du pays dans l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2020 en font état. Il faut dire que la Grande Ile a pour habitude de figurer parmi les derniers de la liste avec un score médiocre. Le score de l’IPC pour Madagascar est de 25 sur 100, note équivalente à 2,5/10. Soit 149e rang sur 180 pays. Autrement dit, la Grande Ile dispose d’un environnement propice pour la croissance du trafic d’espèces. C’est pourquoi le gouvernement américain est entré en jeu pour renforcer la lutte. L’Ambassadeur américain a d’ailleurs laissé entendre que les Etats-Unis prennent ces problèmes très au sérieux, et par conséquent ils s’investissent dans la lutte pour mettre fin à la corruption et au trafic d’espèces sauvages à Madagascar. Les espèces les plus menacées par le trafic sont les bois précieux (bois de rose, ébène, palissandre), reptiles, lémuriens…

Il est à noter que le projet de lutte contre la corruption et le trafic d’espèces du gouvernement américain est financé par l’United States Agency for International Development (USAID) et dont le World Wildlife Fund (WWF) est le chef de file, rassemble un consortium de parties prenantes, notamment TRAFFIC International, Transparency International Initiative Madagascar et Alliance Voahary Gasy. Selon TRAFFIC, plus de 21.000 tortues endémiques ont été saisies lors des tentatives de trafic illégal à Madagascar entre 2018 et 2021. Le projet de lutte contre la corruption et le trafic d’espèces s’attaquera à ces problèmes complexes de plusieurs manières. Tout ce qu’on espère, c’est que cela pourra atténuer la croissance desdits problèmes dans le pays. Depuis 2013, le gouvernement américain a investi près de 60 millions de dollars dans des programmes de lutte contre le trafic d’espèces et de bois précieux, d’amélioration des moyens de subsistance et de renforcement de la gouvernance des ressources naturelles sans qu’il n’y ait d’impact concret dans la lutte.

Jean Riana

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