La Gazette de la grande ile

Edito : Le développement des Universités sans comptable public

Publié le 21 octobre 2021

La rentrée solennelle des Universités s’est tenue le lundi 18 octobre dernier à l’Université de Fianarantsoa. Si quelques jours auparavant, le Président de la République avait déclaré que la ville de Fianarantsoa est une ville ” morte”, un seul passage à l’Université de Fianarantsoa lui aurait permis de se rendre compte que ceux qui lui auraient dit cela, ont menti. En effet,  tout comme l’Université de Mahajanga qui était une Université phare du temps du Président Rabesa Zafera Antoine,  l’Université de Fianarantsoa est aussi une Université qui a pu se développer grâce à une gestion autonome de ses ressources propres qui sont composées des frais d’inscription des étudiants étant donné que l’Etat ne donne pas grand-chose pour le fonctionnement des Universités. Le gros de l’argent que l’Etat verse aux Universités est composé de la bourse des étudiants et des heures supplémentaires des enseignants. On comprend dès lors pourquoi le Professeur Rafamantanantsoa Fontaine ainsi que ses homologues des autres Universités, ne veulent pas entendre parler d’une éventuelle mise en place d’un comptable public dans leurs Universités. A Mahajanga, du temps du Professeur Rabesa Zafera Antoine, de nouvelles filières ont été  instaurées pour développer l’enseignement supérieur dans cette Université,  enseignement qui avait été limité à la Médecine et à la Faculté des Sciences. Parmi ces nouvelles filières mises en place figure celle dirigée par l’actuelle ministre de l’enseignement supérieur qui aujourd’hui, grâce aux ressources propres, peut se permettre de construire un nouveau bâtiment. Avant la grève qui a mené à la destruction des infrastructures de dernier cri de cette Université,  l’Université de Mahajanga sous le Professeur Rabesa Zafera avait même des laboratoires aux normes internationales.

Aujourd’hui,  l’Université de Fianarantsoa est à l’honneur et les personnes présentes lors de la rentrée solennelle ont pu constater à quel point cette Université s’est développée grâce au savoir-faire de son Président et de toute son équipe ainsi que de la gestion, mais aussi et surtout grâce à son autonomie financière, parce que tout comme à l’Université de Mahajanga, les responsables ont toute latitude pour gérer les ressources propres et investir pour l’intérêt commun. Il en est ainsi de l’Université d’Antsiranana qui, grâce également à cette latitude dans la gestion des ressources propres, peut se permettre de faire venir des missionnaires pour enseigner et a pu donc construire de nouvelles infrastructures. Les responsables du ministère des finances feignent de reconnaître ces développements fulgurants des Universités sans comptable public. Les responsables étatiques font semblant d’ignorer qu’ils ne donnent pas de l’argent pour les Universités et si les Universités se développent et particulièrement aujourd’hui celle de Fianarantsoa ou celle d’Antsiranana, c’est parce qu’au sein de ces Universités, il y a une gestion financière correcte sans comptable public qui, entre autre comme tout responsable au ministère des finances, songe aussi aux primes diverses et variées. Il suffit aux responsables étatiques de cesser de fermer les yeux sur ce fait réel que, lorsqu’on respecte cette autonomie financière des Universités et lorsque les dirigeants des Universités respectent la bonne gouvernance et la transparence,  les universités avancent et brillent au-delà de Madagascar.

Depuis trois décennies, le ministère des finances n’a jamais réussi à imposer un agent comptable dans les universités de province et se doit de reconnaître à quel point les Universités excellent sans ces comptables publics. Il suffit de regarder ce qui se passe à l’Université de Fianarantsoa.  Il suffit de repenser au développement sans précédent de l’Université de Mahajanga. Il suffit de voir le développement actuel de l’Université d’Antsiranana. Seule l’Université d’Antananarivo rame et comme l’avait écrit une de nos lectrices, tout est fait pour une mort programmée de l’Université d’Antananarivo avec ces bâtons dans les roues qu’on lui met, car elle est la seule à avoir un comptable public qui se permet de payer le salaire du personnel administratif et technique avec les vacations des enseignants. Cela relèverait du miracle que le ministère des finances arrive à imposer des comptables publics dans les Universités de province qui ne se laisseront certainement pas faire étant donné leur développement et gageons que si jamais ce régime y arrive, ces Universités vont inévitablement péricliter.

La Rédaction

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