La Gazette de la grande ile

Détentions arbitraires : Les sanctions attendues

Publié le 21 octobre 2021

Les abus se multiplient au niveau de nos juridictions. Depuis maintenant un peu moins de quatre mois, de plus en plus de justiciables et de professionnels du monde judiciaire malgache crient au scandale. Pour  cause, la détention arbitraire des détenus est tout simplement devenue la règle au niveau de nos administrations pénitentiaires. Des détenus ayant bénéficié d’une décision de mise en liberté, d’acquittement au bénéfice du doute et même d’acquittement pur et simple sont bizarrement maintenus pendant quelques jours en prison. De tels agissements de nos autorités judiciaires sont tout simplement contraires aux textes régissant la détention à Madagascar. La procédure pénale malgache étant claire à ce sujet, les détenus ayant bénéficié de ces décisions doivent être relâchés le jour même de la décision sauf cas de détention pour autre cause. D’autant plus que ces textes sont d’interprétation stricte et ne peuvent pas faire l’objet de quelconque interprétation.

Ainsi, de plus en plus de détenus ainsi que leurs familles se plaignent de cette situation. Ces derniers attendent une journée entière, voire plus, après le prononcement de la décision de libération avant d’être effectivement relâchés. Des agents de l’administration pénitentiaire, des chefs d’établissements, des magistrats ainsi que des greffiers se renvoyent ainsi la responsabilité pour expliquer le retard de la libération de ces détenus. Au niveau de la maison centrale d’Antanimora, cette situation est même devenue favorable au phénomène de la corruption. D’après des témoignages de certaines victimes, des agents de l’administration pénitentiaire demandent des pots-de-vin en échange d’une libération immédiate du détenu.

Selon encore les informations, cette mauvaise pratique au niveau de nos tribunaux serait apparue au lendemain du jugement de l’affaire Danil Radjan au mois de juin dernier. Les détenus ayant bénéficié d’une décision d’acquittement au bénéfice du doute dans cette affaire ont tout de même été maintenus en prison suivant ordre du ministre de la justice de l’époque, Johnny Andriamahefarivo. Depuis, les abus se sont multipliés.

En tout cas, les fonctionnaires commettant de tels abus sont passibles de sactions disciplinaires et même de sanctions pénales pour détention arbitraire. Des sanctions très attendues en ce moment pour remettre de l’ordre au niveau de la justice malgache. Mais d’un autre côté, le ministre de la justice actuel, Imbiky Herilaza doit également se prononcer sur le sujet qui sucite l’indignation des justiciables. La confiance de la population en notre appareil judicaire est en jeu.

La Gazette

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