La Gazette de la grande ile

Interruption volontaire de grossesse : Pour la liberté de choix

Publié le 22 octobre 2021

La proposition de loi sur l’interruption thérapeutique de grossesse (ITG ou avortement médical) continue de faire débat. Sur les réseaux sociaux, on ne parle plus que de ça. Au niveau du Parlement également, personne n’est du même avis. Récemment, la députée Aina Rafenomantsoa, alias Anyah, du troisième arrondissement a partagé sa position. Elle affirme être catégoriquement contre, apparemment pour des raisons morales, voire religieuses. Mais il convient de souligner que l’ITG, par définition, est l’interruption d’une grossesse pratiquée uniquement pour des raisons médicales, lorsque la santé de la mère ou de l’enfant à naître est en danger. C’est on ne peut plus clair. L’on parle de vie en danger. La proposition de loi sur l’ITG initiée par la députée Goulamaly, élue à Tsihombe donne également le droit aux victimes de viol et d’inceste de mettre fin à leur grossesse. Le viol peut causer un grave traumatisme psychologique à la victime. Il en est de même pour l’inceste qui, en plus, peut causer d’importantes malformations, en cas de consanguinité. C’est la raison pour laquelle les victimes devraient avoir le choix et la liberté de se reconstruire comme bon leur semble. Si Anyah est contre, elle peut toujours convaincre les membres de sa secte de ne pas le faire et non priver les autres de la liberté de choix. Sans oublier que l’avortement (clandestin) est un fait bien réel. Autant le dépénaliser pour éviter des décès (qu’on peut éviter) causés par l’avortement clandestin. Rappelons-le, près de 8 cas de décès maternels sur 100 sont dus à l’avortement non sécurisé (c’est-à-dire clandestin) à Madagascar. L’avortement clandestin est dans la plupart des cas, pratiqué dans des endroits inappropriés (52% des cas) et pratiqué par des personnes n’ayant reçu aucune formation médicale, révèle une étude effectuée par le mouvement Nifin’Akanga cette année. Au moins si l’interruption de grossesse est dépénalisée, les femmes peuvent la pratiquer sans risque dans un établissement approprié.

Notons que sur ce dossier « plus que sensible », beaucoup trouvent étrange, le silence de l’Eglise, aussi bien l’EKAR que la FJKM mais surtout, la FFKM.

Nous en reparlerons.

La Gazette

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