La Gazette de la grande ile

Détresse alimentaire dans le Sud : On rejette la faute sur le réchauffement climatique

Publié le 25 octobre 2021

La famine n’est point quelque chose de nouveau dans le Sud de Madagascar. On peut même dire que c’est un phénomène cyclique dans le pays qui revient à la charge chaque année sans que les dirigeants qui se succèdent ne trouvent point de solutions. Le fait de dire que la famine est le résultat du réchauffement climatique n’est point exact. Certes, cela contribue à la prise d’ampleur dudit phénomène, mais de là à lui accorder tout le mérite du fléau qui a prévalu au pays depuis des années, c’est exagéré. Madagascar dispose d’un taux d’endémicité assez surprenant avec ses diverses espèces endémiques incluant la famine qui s’incruste un peu plus avec le temps. Le seul problème, c’est que les richesses naturelles qui font la réputation de la Grande Ile tendent à se dilapider, ce qui n’est pas le cas de la famine qui se renforce. Par ailleurs, la situation d’insécurité alimentaire et de la malnutrition aiguë dans le Sud a figuré dans les discussions lors de la rencontre de l’Etat Malgache avec les partenaires techniques et financiers internationaux au Palais d’Etat d’Iavoloha dernièrement.

La famine est un phénomène naturel que Madagascar n’arrive pas à surmonter depuis des années. La preuve est que ce n’est pas aux habitants du Sud que l’on va apprendre ce qu’est la faim puisqu’ils doivent la surmonter chaque année. Le pire est que le phénomène empire avec le temps, vu que les dirigeants qui se succèdent sont beaucoup trop occupés à remplir leurs poches que de chercher des solutions pérennes pour régler le problème. Bien des aides sont octroyées chaque année sans que cela n’apporte aucun changement par rapport à la situation. L’Etat Malgache et les partenaires techniques et financiers s’accordent à dire que les aides d’urgence déployées jusqu’ici doivent être accompagnées d’un renforcement de la résilience des populations afin de les sortir du cercle vicieux de l’aide permanente.

Face à la situation, le Programme alimentaire mondial (PAM) avait émis une estimation au mois d’avril comme quoi l’ampleur de la catastrophe dépasse l’entendement et qu’une action urgente est nécessaire pour faire face à cette crise humanitaire. Cela a arrangé la situation des dirigeants malgaches puisqu’ils n’ont pas eu à exposer la misère que vivent les habitants du Sud pour que les aides affluent de partout pour leur venir en aide. La famine dans le Sud n’est point nouveau pour le PAM, ce qui veut dire que celui-ci a failli a sa mission qui est d’éliminer la faim et la pauvreté dans le monde. Bien évidemment, la mauvaise gouvernance qui a prévalu dans le pays y est beaucoup pour quelque chose.

Jean Riana

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