La Gazette de la grande ile

Sentinelle : INCONSEQUENCE QUAND TU NOUS TIENS !

Publié le 26 octobre 2021

Les dégâts sociétaux engendrés par l’inconséquence qui est un état d’esprit des plus nocifs sont légions. Cette courte vision des choses a été malencontreusement adoptée par les gouvernements successifs d’un pays comme le nôtre. En effet, la continuité de l’Etat n’existe aucunement et rend difficile les projets à longs termes. La Sentinelle va se permettre de dénoncer les conséquences désastreuses de ce fonctionnement intellectuel qui prévaut à Madagascar. Ceci concerne non seulement les victimes, mais aussi les responsables à tous les échelons administratifs du pays qui se sont contentés d’avertir les habitants sans employer la manière forte pour éviter les tragédies. Ce dont il est question ici, est le fait d’utiliser les prérogatives de l’Etat que sont les interdictions accompagnées de sanctions pour protéger les contrevenants contre eux-mêmes.

L’aboulie étatique adoptée depuis lors par nos gouvernants successifs, est maintenant très cher payée par nos concitoyens et leurs enfants :

– Les éboulements  des rochers d’Ampamarinana en période de pluies font des victimes innocentes et coupables.

– Les inondations noyant les constructions illicites se construisant un peu partout  dans les zones basses reflètent et respirent l’incompétence des responsables qui ne font pas de suivis dans leurs attributions ou, font carrément dans la corruption.

– Les remblayages sauvages bloquant l’évacuation des eaux de toutes sortes, ont la bénédiction des autorités en place sûrement moyennant finances.

– Les sanctions prononcées par une justice désuète sont des incitations à la délinquance. Effectivement, elles sont loin d’être ni dissuasives, ni en rapport avec la hauteur du délit commis (CF kidnapping, meurtres, viol d’enfant, bandes criminelles organisées, trafics d’armes, corruption à grande échelle, détournement des deniers publics).

– Les incendies de forêts et savanes décimant faunes et flores,  favorisant ainsi l’érosion, et participent à la  désertification effective du pays.

– Les embouteillages qui paralysent l’économie à cause du non-respect du code de la route et de l’état catastrophique des rues.

– La permissivité inconséquente des policiers sur les infractions aux lois en vigueur…

– La culture du « mora mora » (indolence) à la malgache qui de notre temps est largement dépassée car ne sied plus à un monde moderne où la célérité en toutes choses est demandée constamment.

Si l’on persiste dans nos erreurs en nous vautrant dans l’inconséquence qui caractérise le fonctionnement de nos administrateurs qui imputent leur incapacité à leurs faibles moyens étatiques, nous en aurons encore pour des décennies à passer dans la fange de la pauvreté dont nous désirons nous en sortir actuellement. Changer notre mode opératoire en faisant dans la rapidité et la fermeté, se doit d’être les nouveaux préceptes du gouvernement. La promptitude dans le traitement des informations, et y apporter la solution mentale adéquate à la situation, puis transformer cela en action proprement dite, dénote l’efficience de vrais dirigeants à l’écoute du peuple.

Beaucoup de choses restent encore à faire sur notre île. Sans vouloir trop demander à nos gouvernants qui viennent de s’installer à leurs postes, nous leur souhaitons de faire preuve de réactivité pour répondre aux attentes de la population. En ce nouveau gouvernement, nous avons placé nos espoirs pour nous sortir de la pauvreté. Pour cela, nous avons le devoir de les aider pour participer à la reconstruction de notre nation mise à mal non seulement par les anciens administrateurs de l’île, mais surtout par nous-mêmes. Il est vrai que nous Malgaches avons été les fossoyeurs de notre propre pays en laissant s’installer la gabegie et ses conséquences sur nos terres. Les profiteurs de tout acabit se sont vite servis dans cette manne du ciel qui leur est offerte, et ce sans état d’âme. De par notre silence nous avons été les complices de ces vautours insatiables qui ont profité de l’impunité qui s’était imposée durablement à Madagascar.

Notre inconscience illustrée par le manque de suite dans nos idées, a fait en sorte que les habitants nagent dans l’irresponsabilité. L’Etat de droit y a été bafoué et enterré jusqu’à nos jours. Alors, il est temps de remédier à cette anarchie ambiante empêchant tout développement durable.

 L’effort du seul Président de la République ne peut sauver notre pays et nous-mêmes, sans un changement de mentalité des Malgaches. Il est factuel que l’éducation civique prenne une part prépondérante dans cette optique. En effet, une responsabilité  effective doit être prise par tous, quitte à s’adonner à la délation rémunérée pour éradiquer les moindres actes délictuels de nos concitoyens dans la vie active. La dualité délit-sanction y afférente, est l’action la plus rapide pour se faire comprendre par un peuple indiscipliné. Dans l’état actuel des choses, c’est le seul moyen pour réinstaurer l’Etat de droit. Pour information, la Chine qui est un Etat autoritaire, en 50 ans a sorti 600 millions de Chinois de la pauvreté. Tandis que les nations occidentales avec comme cheval de bataille les droits de l’homme et d’autres valeurs inhérentes à la mondialisation, ont fait 300 millions de nouveaux pauvres pour la même période…

 Max Randriantefy

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