La Gazette de la grande ile

Edito : Médecin après la mort

Publié le 26 octobre 2021

Des décisions prises après la survenue d’un drame, voilà comment se résume le fonctionnement des actions des dirigeants malgaches à tous les niveaux.

Face au bordel qui règne dans le domaine du transport public à Madagascar, les autorités responsables qui se montrent impuissantes ne font rien avant que les accidents mortels ne se succèdent en tuant plus d’une trentaine de personnes en moins d’un mois. Toutes les routes nationales ont fait des victimes à cause du laisser-aller sur les routes. L’Agence de Transport Terrestre n’effectue aucunement sa part de régulation. L’infraction de tous les taxis-brousse en partance des gares routières d’Antananarivo est flagrante. La négligence des chauffeurs qui roulent le plus vite possible pour espérer rattraper un autre tour sans repos, le dépassement de la hauteur autorisée des bagages, les pneus usés, les visites techniques biaisées, etc. figurent parmi les principales causes d’accidents sur les routes nationales. Viennent ensuite la négligence et la surcharge des véhicules pour avoir le maximum de rentabilité en transportant des bagages supplémentaires. C’est après que les accidents mortels aient fait la Une de tous les médias que les autorités commencent à bouger. Ils n’ont rien fait auparavant tout en étant au courant des irrégularités que les taxis-brousse font vivre quotidiennement aux passagers.

Du côté de la capitale, force est d’admettre que les dirigeants fonctionnent de la même manière.  Ils attendent toujours que les médias s’emparent d’un cas avant de bouger. La réparation des routes en pleine capitale de Madagascar en est un exemple. Cela fait des années que la population se plaint du mauvais état de la route à Antohomadinika, mais la Commune Urbaine d’Antananarivo fait la sourde oreille. Idem pour la route à Antsakaviro. Quand le béton a commencé à présenter des trous, la population a interpellé les autorités. Ces derniers ont préféré que l’état de la route s’aggrave au maximum avant de bouger. Hier, la réparation d’une portion de cinq mètres de route a entraîné un bouchon de plusieurs heures sur cet axe stratégique, causant le retard des employés et des étudiants. Or, cela aurait pu être évité si la CUA a réagi alors le trou ne faisait qu’une trentaine de centimètres de diamètre au début.

Tous les dirigeants malgaches fonctionnent de la même manière. Ils attendent que le drame survienne avant de bouger pour faire semblant d’agir. Cela se voit dans la lutte contre la famine dans le Sud, la lutte contre les feux de brousse et même la production agricole. Aucun plan de relèvement ne sera mis en place avant que Madagascar ne crie famine du Nord au Sud comme d’Est en Ouest. L’Ikopa s’est asséché depuis plusieurs mois, mais l’Etat attend qu’Antananarivo plonge dans un climat désertique avant de se pencher sur le sujet. Toutes les actions entreprises par les dirigeants de Madagascar sont des actions tardives visant à en mettre plein les yeux de la population et non à régler un problème.

  1. B

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