La Gazette de la grande ile

District de Miandrivazo : territoire sans loi

Publié le 26 octobre 2021

Loin de nous l’idée  de  verser  dans cet alarmisme  systématique de  ces politiciens  qui ne  voient que les mauvais  côtés  des fonctionnements des  administrations et  des institutions  de l’Etat. Toutefois, il y  a lieu  de reconnaître  l’existence des mauvaises pratiques  au sein  des services publics  et  des juridictions de tout l’ensemble  du  territoire dans le  District  de Miandrivazo.  Depuis longtemps  déjà,  les notables  de cette  entrée nord  de la région  du Menabe  se  succèdent à  un  rythme inquiétant dans les  rédactions  de la  capitale. Hautement préoccupés par les maux  qui plongent les habitants dans les malheurs de l’insécurité causée par une  forme  de banditisme très  cruel et  violent, ces personnes  dignes  de  foi nous égrènent les  successions d’attaques  des domiciles et les vols  des  bovidés dans  les parcs  et les pâturages. Les bandes  de  malfaiteurs  ne  se cachent même plus. Ils  vont  jusqu’à oser passer à l’attaque  en plein  jour. C’est  comme  s’ils  ne  craignent personne ou sûrs de leur coup, ils font preuve  de l’arrogance de ceux  qui sont conscients  de ne pas rencontrer en  face  d’eux  une  résistance proportionnelle à l’attaque.

Les mauvaises surprises  de  ces derniers temps  en matière d’insécurité  et  d’injustice manifestes se  résument à travers quelques faits très  révélateurs  sur les  causes de ces troubles  de l’ordre public. D’abord il y  a  eu cette surdité institutionnelle prouvable des membres du  Conseil  Supérieur de la Magistrature quasi permanente. Des plaignants qui  subissent les  abus  de  pouvoir des juridictions  de Miandrivazo ont pris la peine de se plaindre en  haut lieu. Suite aux  saisines directes des justiciables victimes des actes  criminels, des  abus  de  pouvoirs et des  dénis de justice  de  quelques juges se trouvent dans la déception la plus  totale  et  scandalisés en apprenant que  malgré les «manquements disciplinaires » avérés des magistrats  en  service à Miandrivazo  qui sont dénoncés  avec preuves à l’appui, il  existe toujours un corporatisme sournois. Assurés  de l’impunité les  hauts fonctionnaires concernés  se permettent de  narguer et même de menacer les personnes qui ont  osé les  accuser  en les traitant «d’incitateurs de troubles». Au  niveau  de la  gendarmerie  locale les réalités ne se présentent pas mieux avec un  commandant  de  brigade réputé pour ses  accointances et  complicités avec les «protecteurs de  dahalos». Résultats : de Miandrivazo  jusque  dans les parages  de Mahabo, les  actes  de  banditisme ne  sont jamais  réprimés. Et  ce n’est pas le ton «bonhomme» du discours du Premier ministre Christian  Ntsay  lors  de son passage récent dans  cette zone  devenue un  véritable territoire sans loi qui va  changer la  situation. Tant  que les  juges,  gendarmes et  fonctionnaires  civils  qui  facilitent l’usage malsain des  registres des bovidés pour  blanchir le  bétail  volé restent  en place,  c’est peine perdue  que  de voir évoluer la lutte  contre la  corruption  et l’insécurité.

Noël Razafilahy

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