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SMMC – Faux et usages de faux : Rinah sera-t-elle la Claudine de Rajoelina ?

Publié le 04 novembre 2021

Rappelons les faits dans l’affaire de faux et usages de faux au sein de SMMC tel que nous le rapportions dans notre numéro du 06 mai 2021. Pour la construction d’un logement social, la clôture de l’emplacement dudit bâtiment et le remblai de ce même emplacement qui se trouve à Betainomby Tamatave, Rinah Rakotomanga, Directrice de la communication de la présidence de Madagascar et le DG de la SMMC (Société de Manutention de Marchandise Conventionnelle) ont utilisé la signature des responsables de deux sociétés afin de faire croire à un avis d’appel d’offre pour obtenir le marché. De surcroît, aucun permis de construire n’a été délivré. Mme Rinah Rakotomanga s’est présentée à la place du patron du propriétaire de la société adjudicataire du marché convoqué par l’Inspection Générale d’Etat (IGE).

L’IGE a envoyé un rapport au président de la République. Le pôle anti-corruption a transféré le dossier au Bianco le 05 mai 2021 pour ouverture d’enquête et le DG du Bianco avait affirmé que « le Bianco ne laissera pas cette affaire se tasser ».

Entre temps, Mme Rinah a été exfiltrée par le président de la République à l’ambassade de Paris. Cependant, 6 mois plus tard, la revoilà à Madagascar, se pavanant sur une chaîne de télévision au vu et au su du public et se présentant comme spécialiste de compagnie aérienne. « Chassez le naturel, il revient au galop », une nouvelle affaire de faux et usage de faux ?

Elle affirme qu’Air Madagascar a demandé de se placer en redressement judiciaire et qu’ainsi « le travail des mandataires sociaux et des dirigeants directs est suspendu pour une durée indéterminée ». Autrement dit, les administrateurs dont Mme Rinah, n’ont plus aucune qualité à agir au nom d’Airmad.

Or, lors de cette interview, elle a déclaré avoir marchandé âprement et pied à pied la location d’un Boeing 787 et obtenu un prix de 5180 € l’heure de vol au lieu de 6 à 7000 € habituellement. Il en est de même pour la location d’un Embraer 190 qui composerait donc la flotte de Madagascar Airlines ! Aucune mention d’avions pour les vols intérieurs qui semblent être le cadet de ses soucis.

Elle a fait comprendre que Madagascar Airlines n’est pas une nouvelle compagnie et que c’est pour éviter les surnoms méprisants comme « Air peut-être ». C’est oublier ce que représente dans le cœur des Malgaches Air Madagascar, Voron-tsaradia, et ses 60 années d’histoires, ses hauts et ses bas, ses joies et ses difficultés. Madagascar Airlines ? Pâle copie de l’éphémère Madagascar Airways ?  Pourra-t-on jamais les différencier ? Peut-on penser que demain Air France, sous prétexte de mondialisation ou de rebranding, se transforme en France Airlines ?

Rajoelina aurait été trompé en 2012 lors de l’acquisition des A340, des détails importants ayant été camouflés par les techniciens. Elle reconnaît donc implicitement que l’acquisition de ces A340 a été une grosse erreur, rejetant l’erreur sur Rajaonarimampianina, ministre des Finances de l’époque et PCA d’Airmad. Elle passe sous silence qu’elle-même était déjà à l’époque conseillère du DG d’Airmad. Malgré cela, elle affirme que l’un des A340 a réalisé des bénéfices sur l’axe chinois, mais personne n’en parle. Les techniciens d’Airmad préfèrent en sourire : cet avion sous-utilisé qui ne faisait que 2 vols par semaine sur la Chine ne pouvait gagner de l’argent. Afin de diminuer les pertes, ces techniciens ont pu négocier un accord sur cette ligne avec Air Austral bien avant que cette dernière ne devienne le partenaire stratégique. Sur les deux vols hebdomadaires Tana/Réunion/Canton, Air Austral achetait d’avance la moitié de la totalité des sièges, à charge pour elle de les vendre et de les remplir. Un autre avantage provenant de cette coopération : les prises de carburant à la Réunion coûtent beaucoup moins chères que celles d’Ivato, alors que le carburant pèse plus de 25% dans les charges.

Pour résumé, Rinah n’est qu’un apprenti sorcier d’une part, et usurpe sa fonction d’autre part, car elle est suspendue en tant que mandatrice sociale.

Alors, l’histoire va-t-elle être une fois de plus un éternel recommencement ? Nous avons vu que les passe-droits sont de moins en moins supportés. C’est ainsi que des jets appartenant à une personnalité proche du Président ont dû se résoudre à passer par les procédures normales de fouille.  Alors, le Bianco osera-t-il profiter de l’absence de Rajoelina du pays pour faire appliquer la Loi et faire arrêter Rinah ?

Claudine Razaimamonjy faisait également l’objet de rapports de l’IGE pour un détournement de 400 millions ariary. C’est le Bianco qui l’avait fait arrêter en avril 2017 à la sortie du Palais des sports. Pour Rinah, il s’agit d’un marché public d’un montant de 1 394 967 848,40 ariary. La cerise sur le gâteau, son usurpation de fonction chez Airmad.

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