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Aéroports d’Ivato et Nosy-Be : Grande braderie de Ravinala Airports

Publié le 05 novembre 2021

Les députés découvrent la grande braderie des aéroports d’Ivato et de Nosy Be ! Nationaliser la gestion de ces aéroports.

La commission d’enquête parlementaire sur Ravinala Airports a présenté hier son rapport préliminaire. Les députés découvraient ainsi que l’Etat n’aura plus le droit pendant 28 ans de construire un nouvel aéroport dans un rayon de 200 km autour d’Ivato ou de Nosy Be. La compagnie nationale Air Madagascar n’aura même pas le droit d’avoir un salon VIP dans ces aéroports. Tous les opérateurs malgaches historiques sous douane installés depuis de nombreuses années n’auront plus le droit d’exercer dans ces aéroports sans aucune compensation pour leur fonds de commerce et seront remplacés par des étrangers. Les taxes d’aéroport s’élèvent à 40 €, l’équivalent de184 000 ariary, pour les vols internationaux, des prix handicapant la destination Madagascar par rapport à Maurice et la Réunion. Les vols intérieurs sont taxés à 20 €, l’équivalent de 90. 000 ariary.

Ainsi, pour un vol aller-retour Tana/NosyBe, 40 € soit 184 000 ariary de taxes tomberont dans l’escarcelle de Ravinala ! Ravinala Airports gagne donc plus que Tsaradia qui assure le vol.

Le député Brunelle Razafintsiandraofy a qualifié de « vendeurs de patrie » (mpivarotra tanindrazana) le ou les signataires de ce contrat. Il parlait de commissions et trouvait cette situation inconcevable. Ce vice-président de l’assemblée nationale, ancien commissaire à la police des frontières à Ivato, a été ministre du tourisme et sait de quoi il parle.

Effectivement, il y a de quoi s’interroger lorsqu’on apprend que c’est la société suisse Dufry qui remplacerait la Sofitrans pour les ventes hors taxes. Cette société avait mauvaise réputation en Afrique et récemment aurait été épinglée à Maurice pour une affaire de corruption.

Nous avions maintes fois dénoncé le comportement colonialiste de l’ancien DG Patrick Collard.  Hélas, cela n’a pas beaucoup changé avec l’arrivée du nouveau DG de Ravinala Airports, Julien Coffinier. Nous disions dans notre numéro du 20 octobre 2021 que c’est même pire. Ce nouveau DG de Ravinala a ordonné à l’Aviation Civile de Madagascar (ACM) de retirer tous les badges des commerçants malgaches sous douane pour qu’ils ne puissent plus franchir les zones de l’aéroport, mais l’ACM a refusé. L’ACM affirme ne pas vouloir devenir complice de l’abus de pouvoir sous forme de néo-colonialisme que fait subir Ravinala à ces commerçants.

Que va recommander au gouvernement cette commission d’enquête parlementaire ?

Ces niveaux de taxes sont insupportables et devraient revenir au niveau où elles étaient lorsqu’Adema gérait ces aéroports, si nous voulons que la destination Madagascar reste compétitive sur le plan du tourisme. Il est clair que Ravinala  Airports demandera alors une prolongation de la durée du contrat. Seul l’Etat peut supporter cette baisse de tarifs, car ce serait bénéfique pour l’économie. De plus, 28 ans sous le joug de Ravinala, sont insupportables. Et on ne peut pas accepter d’étendre la souveraineté de la France (par le biais des sociétés françaises ADP, Colas et Meridiam, les actionnaires de Ravinala) sur Ivato et Nosy Be en plus des îles éparses ?

On ne doit pas écarter d’un revers de la main ces commerçants malgaches qui y exerçaient depuis de nombreuses années, bon an mal an et les remplacer par des Etrangers.

De surcroît, ces premières portes d’entrée à Madagascar nous semblent stratégiques à plusieurs points de vue. Notamment, compte tenu des nombreuses tentatives d’exportation illicites de pierres précieuses, d’or, de devises sans parler du risque d’introduction éventuelle d’armes (cf. affaire Apollo 21).

La seule décision responsable et patriote qui s’impose à l’Etat est de renationaliser ces aéroports, d’autant plus que financièrement le moment est favorable, vu les pertes que doit essuyer actuellement Ravinala Airports. Enfin, les Européens et les grands pays sont en train de « rapatrier » les activités qui leur semblent stratégiques, révélées par cette pandémie. Ils ne pourront en vouloir au gouvernement malgache d’adopter la même attitude.

La Gazette

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