La Gazette de la grande ile

Gouvernance – Faut-il encore des Lois ? : Arrêtons de mentir au peuple !

Publié le 10 novembre 2021

Le “minoa fotsiny ihany” ou “crois seulement” (Marc 5 :36, verset biblique emprunté en son temps comme slogan de campagne par Marc Ravalomanana), c’est du passé pour les affaires nationales et les autorités politiques doivent maintenant en prendre conscience. Les nombreuses stations de radio et de télévision, les réseaux sociaux, ont fait place aux “hono, hono” (il paraît que…). L’information circule en temps réel, raccourcit les distances. Le niveau d’éducation du peuple a évolué et les discours politiques ne sont plus reçus comme paroles d’évangile.

Ainsi, lorsque la présidence annonce que la construction de l’usine de production de bioéthanol lancée en mars 2019 a dû être « interrompue pour cause de confinement dû à l’urgence sanitaire », les réseaux sociaux se sont tout de suite indignés : n’était-ce donc pas une priorité par rapport au stade Barea ou au Colisée dont les constructions ont continué pendant le confinement ? Ces internautes rappelaient l’arrivée en mars 2020 de nombreux Chinois pour ces travaux malgré le covid 19. Ils ressortaient aussi les maquettes de l’usine d’éthanol de l’époque, indiquant clairement « Fin des travaux : 8 décembre 2019 », donc bien avant le covid 19. Alors, pourquoi toujours inventer des fausses excuses et chercher des échappatoires ? Qui s’excuse s’accuse, n’est-ce pas ?

Jusqu’à quand des gouverneurs nommés et notés par le Président en lieu et place des présidents de région élus et devant rendre compte à leurs électeurs, en contradiction flagrante avec l’esprit de la Constitution ? A quoi sert dès lors une Constitution, si le premier garant de son respect la foule aux pieds ?

Quand donc cette plus grande cimenterie de l’Océan Indien annoncée par le président en grandes pompes verra-t-elle enfin le jour ? Entre temps, on apprend que la cimenterie Holcim vient d’être rachetée par le Mauricien Cementis et le prix du ciment atteint des sommets au grand désespoir des Malgaches !

Que la 1ère Institution de la République cesse enfin de colporter de tels mensonges qui ne contribuent qu’à décrédibiliser davantage les politiques !

La société civile vient une fois de plus d’interpeller l’Exécutif « Gouvernement de Madagascar, cessez l’illégalité dans les retards récurrents du dépôt des PLF » (projet de loi des finances). L’article 46 dispose que ce projet doit être déposé et distribué au plus tard le 30 octobre. La 2ème Institution de l’Etat, le gouvernement viole donc allègrement la Loi.

Le15 novembre prochain est la date limite de dépôt des déclarations de patrimoine pour les ministres nouvellement nommés. Espérons que tous les ministres respecteront ce délai, même si aucune sanction ne semble malheureusement prévue en cas d’absence ou de fausse déclaration.

Par ailleurs, certains ont été choqués d’apprendre que pour la 1ère fois, Madagascar est nominé pour la 4ème édition des Financial Afrik Awards prévue se tenir en Mauritanie les 16 et 17 décembre prochains : YliasAkbaraly de Sipromad est en lice pour le titre de CEO africain de l’année. En leur temps, on parlait des Ranohisoa, Andriatsitohaina, Samuel Ranaivo, Ramanandraibe, Charles Ramanantsoa, les 4 frères, Kaleta, Solo Dolara, Marc Ravalomanana… Actuellement, Mamy Ravatomanga se retrouve bien seul. Les concurrences déloyales et la corruption sont passées par là (cf affaires DG de la Douane) et l’Etat n’aide pas beaucoup, au contraire. Quand on voit le sort réservé à ces petits entrepreneurs de travaux publics qui attendent désespérément d’être payés depuis plus de deux ans, certains ayant même été obligés de mettre la clef sous le paillasson à cause des saisies bancaires. Une grosse entreprise comme Colas ne subira jamais la même mésaventure.

Rappelez-vous la passation entre l’ancien ministre des TP Hajo Andrianainarivelo qui avait dit à son successeur “J’espère que vous aurez plus de chance que moi de convaincre les autorités supérieures pour le déblocage du paiement de ces petites entreprises”. En clair, c’est du ressort de la primature et de la présidence. Les ministres ne sont plus maîtres de l’utilisation de leurs budgets. Selon les confidences des services des ministères, les projets doivent maintenant avoir la signature, non seulement du ministre concerné, mais également celles conjointes du premier ministre et du président. Est-ce conforme à la Constitution ? Adieu la décentralisation et vive la reconcentration du pouvoir ! Là est la source des nombreux disfonctionnements actuels. Et pourtant, on en rend les ministres responsables. Ce qui décourage fortement les vrais compétents à participer au gouvernement.

Nous écrivions précédemment que l’exemple doit venir d’en haut et que nous devons revenir aux fondamentaux. Nous ne cesserons de le rappeler avec l’espoir d’être un jour écoutés.

La Gazette

 

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