La Gazette de la grande ile

Conjoncture actuelle : Peuple Malagasy, réveillez-vous !

Publié le 15 novembre 2021

La conférence des évêques de Madagascar (CEM) tient sa 2ème assemblée plénière ordinaire annuelle en novembre et elle vient de présenter son nouveau bureau au président de la République. Les communiqués issus de ces assemblées sont très attendus par les acteurs politiques et économiques ainsi que les représentations diplomatiques, même si l’Eglise catholique semble souvent prêcher dans le désert.

Le journal Lakroan’iMadagasikara qui publie en premier la Lettre des évêques s’est déjà inquiété, il y a 2 ans, de la mainmise étrangère sur toute notre économie titrant « Ho mpiasa mpanompo vazaha eto Madagasikara isika Malagasy » ( Les Malagasy ne seront plus que des employés des Vazahas à Madagascar http://www.lakroa.mg/item-1955_articles_economie_18-ho-mpiasa-mpanompo-vazaha-eto-madagasikara-isika-malagasy.html ).

Pendant que nos députés demandent encore six mois supplémentaires  pour rendre leurs conclusions sur le projet Ravinala Airports, nous apprenons que vendredi dernier, s’est déroulée discrètement une visite du nouveau terminal de l’aéroport d’Ivato en vue de sa prochaine ouverture le 18 novembre.

Connaissant la propension du président à aimer inaugurer les « zava-bita », il ira sans doute l’inaugurer lui-même, restant sourd aux suppliques désespérées des opérateurs malgaches en zone sous douane évincés sans aucune indemnisation pour leur fonds de commerce au profit d’opérateurs étrangers et oubliant une fois de plus une promesse, celle faite aux employés de Sofitrans de préserver leurs périmètres d’activités lors de sa visite à la foire internationale du tourisme en juin 2019.

Le député Brunelle Razafintsiandraofy, ancien commissaire à la PAF Ivato et ancien ministre du tourisme, se lèvera-t-il et sera-t-il le dernier rempart contre ceux qu’il a qualifiés  de « vendeurs de patrie (mpivarotra tanindrazana) », compte tenu du caractère stratégique des aéroports d’Ivato et de NosyBe ?

Certains de nos détracteurs reprochent à la Gazette un patriotisme aveugle enfermé sur nous-mêmes, ce que nous démentons fermement. Nous soutenons tous les projets qui vont dans l’intérêt du pays.

Par exemple, nous nous sommes élevés contre l’achat à EDF Réunion et leur installation à la Jirama Antananarivo par le groupe Axian d’Hassanein Hiridjee de turbines à combustion ne correspondant plus aux normes environnementales françaises et pleines d’amiante destinées à la ferraille. Certes, cela permet à ce groupe d’augmenter se ventes de carburant fossile à la Jirama, mais contribue à rendre l’air irrespirable et à causer des dégâts à l’environnement que nous constatons actuellement dans la capitale. En revanche, nous soutenons les efforts de ce groupe français dans les projets solaires d’Ambatolampy ou le barrage de Volobe.

Par ailleurs, le ministre étranger aux affaires cherche à recruter17 ambassadeurs par petites annonces, lesquels selon l’article 57 de la Constitution, représentent le Président de la République et le gouvernement ! Parmi les qualifications requises, la pratique courante du français et de l’anglais, une 3ème langue des Nations unies comme le Malagasy n’étant qu’un atout supplémentaire. Il est vrai que notre ministre n’a pas la pratique courante de la langue malagasy et qu’il aurait sans doute été déplacé d’exiger cette qualification à un de ses futurs « subordonnés ». Le président et le chef de gouvernement sont complices d’un tel forfait en laissant faire sans broncher. A ce rythme, les ambassadeurs ne vont-ils pas être bientôt remplacés par des cabinets étrangers de lobbying ? A l’instar du recrutement comme ministre étranger aux affaires par le président de son homonyme, propriétaire du cabinet de communication PRINCE « Patrick Rajoelina International Network & Communication » (https://

www.prince.mg/ ). A se demander dans quel pays nous vivons, et si l’adjectif Malagasy a encore une signification pour certains.

Lors de sa visite, le pape François a adressé au peuple malagasy deux messages clairs, « préservez votre environnement ainsi que vos richesses naturelles qui valorisent l’âme malgache et préservez votre identité dont le fihavanana », tel qu’écrit en toutes lettres dans le préambule de notre Constitution.

Les autorités l’ont bien écouté, mais l’ont-elles entendu?

La Gazette

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